{"id":92646,"date":"2022-04-06T14:16:00","date_gmt":"2022-04-06T14:16:00","guid":{"rendered":"https:\/\/logon.media\/logon_article\/le-developpement-spirituel-de-lame-populaire-celtique-quatorzieme-partie\/"},"modified":"2022-04-06T14:16:00","modified_gmt":"2022-04-06T14:16:00","slug":"le-developpement-spirituel-de-lame-populaire-celtique-quatorzieme-partie","status":"publish","type":"logon_article","link":"https:\/\/logon.media\/fr\/logon_article\/le-developpement-spirituel-de-lame-populaire-celtique-quatorzieme-partie\/","title":{"rendered":"Le d\u00e9veloppement spirituel de l&rsquo;\u00e2me populaire celtique \u2013 quatorzi\u00e8me partie"},"content":{"rendered":"<p>(<a href=\"https:\/\/www.logon.media\/fr\/le-developpement-spirituel-de-lame-populaire-celtique-treizieme-partie\">Retour \u00e0 la treizi\u00e8me partie<\/a>)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans de nombreux r\u00e9cits, mythes et sagas, les Celtes parlent de l&rsquo;existence de \u00ab\u00a0l&rsquo;Autre Monde\u00a0\u00bb. Leurs descriptions nous plongent sans cesse dans un monde dans lequel, par exemple, notre notion du temps n&rsquo;existe pas du tout.<\/p>\n<p>On trouve \u00e9galement d&rsquo;autres noms pour d\u00e9signer cet \u00ab\u00a0Autre Monde\u00a0\u00bb, tels que : le Pays de la Jeunesse ou le Pays des Vivants.<\/p>\n<p>Cet Autre Monde n&rsquo;\u00e9tait pas un pays inaccessible au commun des mortels, sinon nous n&rsquo;en saurions \u00e9videmment rien.<\/p>\n<p>Les Celtes ont toujours ch\u00e9ri l&rsquo;Autre Monde comme un lieu de sagesse, le lieu de leurs dieux et la dimension o\u00f9 les po\u00e8tes se sentent le plus chez eux.<\/p>\n<p>Il y avait aussi une fontaine de sagesse dans ce monde, et dans la mythologie irlandaise, c&rsquo;\u00e9tait le puits de Conla ou le puits de Segais. Manannan, le dieu de la mer et roi de l&rsquo;Autre Monde, d\u00e9clare que ce puits contient cinq saumons et poss\u00e8de cinq ruisseaux formant les cinq sens. Tous ceux qui voulaient obtenir la connaissance devaient boire \u00e0 cette fontaine, et ceux qui buvaient aussi aux cinq ruisseaux \u00e9taient les gens des arts. Ces personnes sont bien s\u00fbr les bardes et les po\u00e8tes.<\/p>\n<p>Nous voyons \u00e9galement le fait de s\u2019abreuver au puits de la sagesse dans l&rsquo;Edda, o\u00f9 Odin a d\u00fb boire la boisson divine du puits de Mimir afin de devenir le ma\u00eetre du pouvoir de la parole.<\/p>\n<p>Cependant, il n&rsquo;\u00e9tait pas facile de se rendre dans l&rsquo;Autre Monde ; il fallait faire quelque chose de sp\u00e9cial pour cela, ou bien il fallait \u00eatre invit\u00e9 \u00e0 le faire. Mais cette \u00ab\u00a0invitation\u00a0\u00bb avait souvent lieu sans qu&rsquo;on le sache. En d&rsquo;autres termes, lorsque les h\u00f4tes s&rsquo;int\u00e9ressaient \u00e0 vous, on vous y emmenait tout simplement.<\/p>\n<p>La situation g\u00e9ographique de cette zone sp\u00e9ciale variait, car ce monde se trouvait parfois sous le niveau de la mer, au milieu d&rsquo;une montagne ou au milieu de l&rsquo;oc\u00e9an. Une chose est s\u00fbre : en principe, ce pays se trouvait \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate de l&rsquo;Irlande.<\/p>\n<p>Lorsque nous pensons \u00e0 un lieu myst\u00e9rieux au milieu de l&rsquo;oc\u00e9an, l&rsquo;Atlantide submerg\u00e9e nous vient involontairement \u00e0 l&rsquo;esprit. Cela n&rsquo;a rien d&rsquo;\u00e9tonnant, car selon W.Y. Evans Wentz, le pays de l&rsquo;Atlantide est une certitude pour les Celtes et l&rsquo;Autre Monde y est clairement li\u00e9. Evans Wentz pense que la submersion de ce continent a fait une profonde impression sur l&rsquo;\u00e2me des populations ult\u00e9rieures de ces r\u00e9gions et qu&rsquo;elles ont donc plac\u00e9 la terre noy\u00e9e de l&rsquo;Atlantide dans leurs mythes et leurs l\u00e9gendes.<\/p>\n<p>Rudolf Steiner a \u00e9galement indiqu\u00e9 dans ses \u00e9crits que les histoires racont\u00e9es par les druides celtiques \u00e9taient bas\u00e9es sur une m\u00e9moire inconsciente.<\/p>\n<p>Les Celtes \u00e9taient convaincus que l&rsquo;Atlantide avait exist\u00e9 dans un pass\u00e9 lointain et qu&rsquo;elle avait progressivement sombr\u00e9 dans l&rsquo;oc\u00e9an. Ils ont rattach\u00e9 ce souvenir primordial \u00e0 un souvenir encore plus ancien, \u00e0 savoir celui du paradis perdu. Ces deux souvenirs ont persist\u00e9 dans l&rsquo;\u00e2me des peuples celtes, qui les ont ensuite consign\u00e9s par \u00e9crit et ont constitu\u00e9 la source des sagas et des mythes que nous connaissons.<\/p>\n<p>L&rsquo;Autre Monde \u00e9tait le refuge de leurs h\u00e9ros morts et des dieux qui se retiraient du monde. Le royaume de l&rsquo;Autre Monde \u00e9tait celui des vivants, o\u00f9 tout \u00e9tait possible et o\u00f9 de grandes actions \u00e9taient accomplies. La vie y avait \u00e9t\u00e9 am\u00e9lior\u00e9e \u00e0 la perfection et se poursuivait avec toutes les joies de la nourriture, de la boisson, de l&rsquo;amour et de la f\u00e9licit\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;Autre Monde \u00e9tait si beau et si merveilleux qu&rsquo;il a inspir\u00e9 les po\u00e8tes celtes, avec leur \u00e9loquence, \u00e0 cr\u00e9er des vers m\u00e9lodieux et lyriques.<\/p>\n<p>De nombreux et merveilleux r\u00e9cits de voyage dans l&rsquo;Autre Monde nous ont \u00e9t\u00e9 l\u00e9gu\u00e9s et ont m\u00eame donn\u00e9 naissance \u00e0 un nouveau genre de r\u00e9cit : l&rsquo;immram.<\/p>\n<p>Il faut tenir compte du fait que, dans un pass\u00e9 lointain, la population disposait encore de la clairvoyance, gr\u00e2ce \u00e0 laquelle elle pouvait percevoir le monde des dieux avec son corps \u00e9th\u00e9rique. Leur monde \u00e9tait simplement diff\u00e9rent du n\u00f4tre.<\/p>\n<p>Certes, le druide initi\u00e9 voyait les dieux, pouvait s&rsquo;entretenir avec eux et guidait ainsi le peuple. Mais avec le temps, cette clairvoyance a diminu\u00e9 et a fini par dispara\u00eetre pour laisser la place \u00e0 la conscience actuelle, plus ax\u00e9e sur le monde physique.<\/p>\n<p>Si, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, les druides clairvoyants pouvaient encore voir les dieux, plus tard, ils devaient se contenter de la perception des \u00eatres \u00e9l\u00e9mentaires, appel\u00e9s en Irlande \u00ab\u00a0f\u00e9es\u00a0\u00bb. Ainsi, certaines plantes, certains arbres et certaines sources \u00e9taient tenus en haute estime parce qu&rsquo;ils \u00e9taient la demeure de certains \u00eatres \u00e9l\u00e9mentaires.<\/p>\n<p>Hans Gs\u00e4nger \u00e9crit dans son livre \u00ab\u00a0Irland\u00a0\u00bb [3] que la notion d&rsquo;Autre Monde ne se rencontre pas seulement chez les Celtes irlandais. Les Grecs connaissaient aussi la terre qui se trouvait loin dans l&rsquo;oc\u00e9an occidental. Ils parlaient d&rsquo;une \u00eele o\u00f9, dans des cas exceptionnels, des gens ordinaires pouvaient venir vivre une vie bienheureuse.<\/p>\n<p>Pour les Grecs, le titan Atlas et ses filles les Hesp\u00e9rides, vivaient dans la r\u00e9gion occidentale et nocturne de l&rsquo;oc\u00e9an o\u00f9 se trouveraient \u00e9galement l&rsquo;origine et l&rsquo;ab\u00eeme du ciel et de la terre.<\/p>\n<p>Les Hesp\u00e9rides habitaient une \u00eele \u00e0 laquelle aucun navire ne pouvait acc\u00e9der, et o\u00f9 elles gardaient les pommes d&rsquo;or qui n&rsquo;\u00e9taient pas destin\u00e9es au commun des mortels, mais \u00e0 ceux qui \u00e9taient capables d&rsquo;actes surhumains.<\/p>\n<p>Eschyle, Ph\u00e9r\u00e9cyde et Apollodore pensaient qu&rsquo;Atlas et ses Hesp\u00e9rides se trouvaient au nord de l&rsquo;oc\u00e9an Rhip\u00e4en, donc dans les environs de l&rsquo;Hyperbor\u00e9e. Hercule a donc parcouru un chemin plus long que ce que nous supposons au d\u00e9part pour obtenir les pommes d&rsquo;or des Hesp\u00e9rides !<\/p>\n<p>Les Hyperbor\u00e9ens sont mentionn\u00e9s par les Grecs anciens, comme H\u00e9rodote et Pausanias. Leur religion \u00e9tait domin\u00e9e par Apollon et peut donc \u00eatre compar\u00e9e \u00e0 la religion de Bel ou du Soleil des Celtes et des Germains.<\/p>\n<p>En principe, les Hyperbor\u00e9ens vivaient encore dans la condition paradisiaque, dans laquelle l&rsquo;homme n&rsquo;\u00e9tait pas encore d\u00e9natur\u00e9 par sa chute.<\/p>\n<p>On les appelait aussi les \u00ab\u00a0long\u00e9vifs\u00a0\u00bb car leur vie s&rsquo;\u00e9tendait parfois sur des centaines ou des milliers d&rsquo;ann\u00e9es. Rudolf Meyer \u00e9crit \u00e0 ce propos que dans l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e finlandaise, le Kalevala, W\u00e4in\u00e4m\u00f6inen, le chanteur et sorcier primitif, est rest\u00e9 dans le ventre de sa m\u00e8re pendant sept cents ans avant de na\u00eetre. Cela indique d\u00e9j\u00e0 qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque hyperbor\u00e9enne, l&rsquo;homme vivait dans sa forme de lumi\u00e8re \u00e9th\u00e9r\u00e9e dans laquelle il ne connaissait pas encore la mort, mais un changement et une transformation ou un rajeunissement de sa forme de vie.<\/p>\n<p>Nous rencontrons \u00e9galement les immrama mentionn\u00e9s plus haut dans l&rsquo;Autre Monde. Il s&rsquo;agit d&rsquo;histoires de personnes qui ont acc\u00e8s \u00e0 cet Autre Monde supersensoriel et qui y vivent une exp\u00e9rience particuli\u00e8re.<\/p>\n<p>Les caract\u00e9ristiques de la situation dans l&rsquo;Autre Monde sont les suivantes :<\/p>\n<p>&#8211; On n&rsquo;a plus de corps physique.<\/p>\n<p>&#8211; Seules les pommes paradisiaques servent de nourriture.<\/p>\n<p>&#8211; L&rsquo;\u00e9rotisme et la sexualit\u00e9 n&rsquo;existent pas.<\/p>\n<p>&#8211; La notion de&nbsp;temps est diff\u00e9rente.<\/p>\n<p>&#8211; Le moment et la cause de la mort des mortels sont connus dans l&rsquo;Autre Monde.<\/p>\n<p>Les histoires d\u00e9crivent souvent (mais pas toujours) une certaine initiation, qui est d\u00e9crite par des images color\u00e9es et imaginatives.<\/p>\n<p>Les immrama rappellent les aventures grecques d&rsquo;Ulysse, et les Celtes d\u00e9crivent ces exp\u00e9riences tout comme les Grecs ont imagin\u00e9 la vie des Hyperbor\u00e9ens.<\/p>\n<p>L&rsquo;un des plus c\u00e9l\u00e8bres immrama est l&rsquo;histoire d&rsquo;Ossian ou Oisin, le fils de Fionn mac Cumhaill.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9crivain irlandais William Butler Yeats [1] a d\u00e9peint avec art son autobiographie dans l&rsquo;histoire suivante :<\/p>\n<p><strong>Les p\u00e9r\u00e9grinations d&rsquo;Ossian<\/strong><\/p>\n<p>Ossian est conduit dans l&rsquo;Autre Monde par la f\u00e9e Niamh sur un cheval blanc. Il y vit avec sa f\u00e9e sans \u00eatre d\u00e9rang\u00e9 et en paix pendant 300 ans, mais Ossian a ensuite le mal du pays et d\u00e9sire ardemment retourner en Irlande pour rejoindre sa lign\u00e9e bien-aim\u00e9e des Fianna. Sa femme, la f\u00e9e Niamh, l&rsquo;avertit trois fois de ne jamais poser les pieds sur terre, et lui dit en outre qu&rsquo;il ne rencontrera plus jamais ceux qu&rsquo;il conna\u00eet. Mais tout cela n&rsquo;a aucun sens. Il y retourne et, \u00e0 son grand regret, d\u00e9couvre que sa femme avait raison. Et comme l&rsquo;Irlande avait chang\u00e9 ! Il d\u00e9couvre maintenant depuis combien de temps il est parti, et parcourt \u00e0 cheval tous les endroits o\u00f9 il a rencontr\u00e9 sa famille, les Fianna, sans voir personne qu&rsquo;il conna\u00eet. Puis il rencontre un groupe d&rsquo;hommes qui transportent une lourde pierre tombale dans un cimeti\u00e8re. Ils demandent au jeune homme de les aider, Ossian se penche mais tombe de son cheval. Au moment o\u00f9 son pied touche le sol, son cheval est de retour au pays des f\u00e9es et Ossian devient soudain un vieillard aveugle et fourbu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences :<\/strong><\/p>\n<p>[1] William Butler Yeats, <em>The wanderings of Oisin<\/em> [Les p\u00e9r\u00e9grinations d&rsquo;Oisin], Londres : Kegan Paul &amp; Co, 1889<\/p>\n<p>[2] Caitl\u00edn Matthews, <em>The Elements of Celtic Tradition<\/em> [Les \u00e9l\u00e9ments de la tradition celtique], Element Books, 1989.<\/p>\n<p>[3] Hans Gs\u00e4nger, <em>Irland. Insel des Abel. Die irischen Hochkreuze <\/em>[Irlande. \u00cele d&rsquo;Abel. Les hautes croix irlandaises], Verlag Die Kommenden, 1969.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":923,"featured_media":56113,"template":"","meta":{"_acf_changed":false},"tags":[],"category_":[110077],"tags_english_":[],"class_list":["post-92646","logon_article","type-logon_article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category_-livingpast-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/logon_article\/92646","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/logon_article"}],"about":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/logon_article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/923"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/56113"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=92646"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=92646"},{"taxonomy":"category_","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category_?post=92646"},{"taxonomy":"tags_english_","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags_english_?post=92646"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}