{"id":91506,"date":"2021-02-14T19:32:03","date_gmt":"2021-02-14T19:32:03","guid":{"rendered":"https:\/\/logon.media\/logon_article\/le-noeud-des-choses\/"},"modified":"2021-02-14T19:32:03","modified_gmt":"2021-02-14T19:32:03","slug":"le-noeud-des-choses","status":"publish","type":"logon_article","link":"https:\/\/logon.media\/fr\/logon_article\/le-noeud-des-choses\/","title":{"rendered":"Le n\u0153ud des choses"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je ne suis pas tr\u00e8s friand de th\u00e9ories, bien qu&rsquo;il y en ait de tr\u00e8s belles, et que pour beaucoup de gens elles signifient beaucoup, ou presque tout.<\/p>\n<p>Dans tous les cas, je pr\u00e9f\u00e8re \u00e9couter la loi apr\u00e8s l&rsquo;avoir exp\u00e9riment\u00e9e ; je sais alors que c&rsquo;est une vraie loi. L&rsquo;inverse est \u00e9galement correct : on se fie \u00e0 une carte routi\u00e8re qui peut nous montrer le chemin ou nous guider sur les \u00e9tapes \u00e0 suivre, plus ou moins. Je m&rsquo;explique : la carte se situe toujours au niveau mental et l&rsquo;esprit a tendance \u00e0 cr\u00e9er ses images et ses pens\u00e9es et peut rester focalis\u00e9 sur elle.<\/p>\n<p>Quand je vais dans un mus\u00e9e et qu&rsquo;on me propose une visite audio, je ne la prends jamais : je veux affronter le ph\u00e9nom\u00e8ne de toute mon \u00e2me, et pour cela je n&rsquo;ai pas besoin d&rsquo;un guide, seulement de ma sensibilit\u00e9, de mon c\u0153ur. De plus, si l&rsquo;exposition me pla\u00eet, je repars euphorique : quelque chose (ou tout) a touch\u00e9 mon \u00e2me ;&nbsp;mon \u00e2me a \u00e9t\u00e9 nourrie par cette puissante vibration.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;art en g\u00e9n\u00e9ral est si \u00e9vocateur et peut nous aider de mani\u00e8re si profonde \u00e0 comprendre les choses.<\/p>\n<p>Un exemple : le ciel nocturne de Van Gogh, le grand artiste hollandais, l&rsquo;homme tourment\u00e9 \u00e0 l&rsquo;oreille coup\u00e9e. Cela pourrait ressembler \u00e0 un dessin d&rsquo;enfant ;&nbsp;c&rsquo;est un dessin d&rsquo;enfant, peint avec cette conscience d&rsquo;enfant, mais dans ce cas, c&rsquo;est un adulte qui souffre&nbsp;parce qu&rsquo;il ne comprend pas lui-m\u00eame l&rsquo;ampleur de ce qu&rsquo;il per\u00e7oit. Et, surtout, parce qu&rsquo;il a perdu le contr\u00f4le de lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Alors, ces \u00e9normes rouleaux remplis d&rsquo;\u00e9toiles sont-ils un symbole, une m\u00e9taphore de quelque chose d&rsquo;autre, d&rsquo;un \u00e9tat int\u00e9rieur ? Je pense que le ciel \u00e9toil\u00e9 que peint Vincent est le ciel qu&rsquo;il voit, avec tous ses mouvements et ses vibrations, \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur de perception : c&rsquo;est la r\u00e9alit\u00e9 dont il est le t\u00e9moin direct, sans interm\u00e9diaire, comme dans les dessins d&rsquo;un enfant.<\/p>\n<p>Je veux dire par l\u00e0 que la conscience pr\u00e9c\u00e8de l&rsquo;acte, et que l&rsquo;acte et la perception ne sont que ses reflets.<\/p>\n<p>L&rsquo;aventure que constitue le changement de conscience, son d\u00e9veloppement, c&rsquo;est qu&rsquo;il a une cons\u00e9quence imm\u00e9diate sur la vie que vous vivez et ses perceptions.<\/p>\n<p>Le po\u00e8te fran\u00e7ais Baudelaire parle dans son po\u00e8me <em>Correspondances<\/em>&nbsp;de la syntonisation de la conscience avec l&rsquo;univers entier ; \u00e9videmment,&nbsp;l&rsquo;univers avec lequel notre conscience particuli\u00e8re, celle du moment, se connecte. Alors, les choses sont des symboles et nous sourient avec des regards complices et familiers.<\/p>\n<p>Les dieux \u00e9taient vraiment dans les temples grecs. C&rsquo;est pourquoi ceux-ci \u00e9taient des lieux sacr\u00e9s et les gens y allaient pour parler aux dieux, leur demander des choses, pratiquer des rituels, faire tout ce pour quoi on va dans un temple. Les dieux avaient d\u00e9j\u00e0 inspir\u00e9 \u00e0 l&rsquo;architecte le nombre d&rsquo;or qu&rsquo;ils voulaient pour leur demeure. Les pierres du Parth\u00e9non existaient d\u00e9j\u00e0 bien avant sa construction dans l&rsquo;esprit de la d\u00e9esse Ath\u00e9na.<\/p>\n<p>La nature, on peut la voir en tant que paysage, on peut la d\u00e9crire en tant que biologiste, ou on peut s&rsquo;y plonger, en \u00e9tant la nature elle-m\u00eame. Ou tout \u00e0 la fois.<\/p>\n<p>Se perdre, c&rsquo;est se trouver. Se rendre, c&rsquo;est se r\u00e9tablir compl\u00e8tement.<\/p>\n<p>On avance en spirale et le langage change&nbsp;\u00e0 mesure que l&rsquo;\u0153il devient limpide : il devient alors un miroir fid\u00e8le des choses.<\/p>\n<p>Et qu&rsquo;en est-il des n\u0153uds ? Nous pourrions d\u00e9finir les n\u0153uds comme des vibrations de l&rsquo;univers que nous recevons et \u00e9mettons, comme des antennes paraboliques&nbsp;qui constituent notre r\u00e9alit\u00e9 la plus concr\u00e8te, toutes nos actions.&nbsp;On a toujours dit que la meilleure fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre un saint est d&rsquo;\u00eatre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;un saint. Il ne doit pas s&rsquo;agir d&rsquo;un saint physique, mais avant tout d&rsquo;un saint magn\u00e9tique.<\/p>\n<p>Les soufis en savent long sur ce genre de connexions. Le \u00ab\u00a0cercle magique\u00a0\u00bb \u00e9tait la soci\u00e9t\u00e9 secr\u00e8te dans laquelle tout le monde \u00e9tait connect\u00e9 : le boucher, le vendeur d&rsquo;\u00e9pices, le gar\u00e7on de courses&#8230; Normalement, personne ne se rendait compte de ce qu&rsquo;ils faisaient, pas m\u00eame parfois les proches avec lesquels ils vivaient. C&rsquo;est pourquoi ils \u00e9taient parfois surpris de voir \u00e0 l&rsquo;enterrement de leur parent le sommet de la spiritualit\u00e9 de la ville. Ils ne savaient pas que leur proche \u00e9tait un initi\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":12471,"template":"","meta":{"_acf_changed":false},"tags":[],"category_":[110103,110116],"tags_english_":[],"class_list":["post-91506","logon_article","type-logon_article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category_-spiritsoul-fr","category_-zeitgeist-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/logon_article\/91506","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/logon_article"}],"about":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/logon_article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12471"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=91506"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=91506"},{"taxonomy":"category_","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category_?post=91506"},{"taxonomy":"tags_english_","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags_english_?post=91506"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}