{"id":90847,"date":"2020-08-04T11:36:26","date_gmt":"2020-08-04T11:36:26","guid":{"rendered":"https:\/\/logon.media\/logon_article\/demeurer-dans-le-non-savoir\/"},"modified":"2020-08-04T11:36:26","modified_gmt":"2020-08-04T11:36:26","slug":"demeurer-dans-le-non-savoir","status":"publish","type":"logon_article","link":"https:\/\/logon.media\/fr\/logon_article\/demeurer-dans-le-non-savoir\/","title":{"rendered":"Demeurer dans le \u00ab non-savoir \u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Merlijn Twaalfhoven ne s\u2019int\u00e9resse pas seulement \u00e0 tout ce qui a trait \u00e0 la musique, mais il ressent aussi comme une urgence de faire quelque chose en faveur de l\u2019humanit\u00e9. Depuis quelques ann\u00e9es, les commandes musicales qu\u2019il re\u00e7oit sont des opportunit\u00e9s pour lui d\u2019offrir aux gens, souvent en dehors du th\u00e9\u00e2tre, une exp\u00e9rience substantielle et aussi de favoriser le contact entre eux. Fort de ces exp\u00e9riences, il ne consid\u00e8re plus l\u2019art en tant que produit final, mais s\u2019int\u00e9resse plut\u00f4t aux diff\u00e9rents processus qui jalonnent une cr\u00e9ation artistique. Merlijn s\u2019exprime toujours de fa\u00e7on enthousiaste, rapide, tr\u00e8s dynamique. Non seulement il se passionne pour beaucoup de sujets, mais il observe et discerne tout ce qui pourrait se faire autrement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Tu as beaucoup \u00e9tudi\u00e9, tu as appris \u00e0 jouer d\u2019un instrument de musique au Conservatoire, tu es compositeur et as \u00e9tudi\u00e9 aussi diff\u00e9rents domaines de la musique et de l\u2019art \u00e0 l\u2019Universit\u00e9. Mais aujourd\u2019hui, tu t\u2019es donn\u00e9 aussi une mission, celle de vouloir transmettre quelque chose aux autres. Apprendre : qu\u2019est-ce que cela signifie pour toi ?<\/em><\/p>\n<p>Pour \u00eatre honn\u00eate, je n\u2019utilise pas souvent le mot \u00ab apprendre \u00bb. Je pr\u00e9f\u00e8re parler plut\u00f4t de perception. Je r\u00e9fl\u00e9chis beaucoup \u00e0 la mani\u00e8re dont nous pouvons faire en sorte de bien percevoir, d\u2019observer clairement. Bien s\u00fbr, la perception objective n\u2019existe pas en soi, mais nous pouvons faire en sorte de cr\u00e9er les conditions d\u2019une perception aussi ouverte que possible. Par exemple, il est bon de ne pas \u00eatre intoxiqu\u00e9 par certaines substances ou autres, mais il existe aussi de nombreuses formes de micro intoxication, comme celles de consommer les actualit\u00e9s, de r\u00e9pondre \u00e0 des messages non sollicit\u00e9s ou avoir une opinion sur tout et vouloir \u00e0 tout prix la partager.<\/p>\n<p>Ma pens\u00e9e a connu un changement de paradigme lors d\u2019un s\u00e9jour au Japon \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 26 ans. En Occident, nous pensons souvent en termes de bien et de mal, de sup\u00e9rieur et inf\u00e9rieur. Nous mettons tout dans des petits \u00ab casiers \u00bb avec la signification morale appropri\u00e9e. Mais au Japon, c\u2019est tr\u00e8s diff\u00e9rent. L\u00e0-bas, la vision du monde c\u2019est que tout ce qu\u2019on voit autour de soi a une \u00e2me (animisme). Il y a, pour ainsi dire, toutes sortes de forces qui interagissent, donnent et prennent, et on essaie alors d\u2019\u00eatre en harmonie avec elles, d\u2019accepter ce qui est. Par exemple, si vous construisez une maison, vous remerciez l\u2019esprit de la for\u00eat et vous lui demandez pardon pour avoir coup\u00e9 le bois, mais en m\u00eame temps, vous servez aussi l\u2019esprit de la maison que vous \u00eates en train de construire. Un autre bel exemple : l\u00e0-bas on boit du th\u00e9 toute la journ\u00e9e, mais pourtant il existe la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9, car tout ce qui se fait au quotidien a quelque chose de sacr\u00e9 en soi, si vous y \u00eates vraiment attentif. Cette exp\u00e9rience du Japon m\u2019a ouvert \u00e0 une toute autre fa\u00e7on de voir et de vivre, \u00e0 une perspective enti\u00e8rement nouvelle sur le monde.<\/p>\n<p>Pour moi apprendre signifie d\u2019abord garder une perception grande ouverte.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Comment r\u00e9ussit-on cela, observer ouvertement ? Que faut-il faire ?<\/em><\/p>\n<p>Il y a beaucoup de choses qui peuvent rendre l\u2019ouverture de la perception difficile ou la favoriser. Par exemple la notion de temps joue un r\u00f4le. Peut-on \u00ab vivre \u00bb dans le moment pr\u00e9sent ? Car lorsqu\u2019on vit dans le pass\u00e9 ou le futur, on ne peut pas percevoir ouvertement, parce que nos pens\u00e9es, nos sens et notre conscience sont ailleurs. C\u2019est comme si on avait des \u0153ill\u00e8res nous permettant de ne voir que certaines choses, en excluant le reste.<\/p>\n<p>La notion d\u2019espace y joue \u00e9galement un r\u00f4le. Nous avons tendance \u00e0 remplir notre monde de plein d\u2019id\u00e9es, d\u2019objets et de certitudes. Il faut que tout soit aussi efficace que possible et tout ce qu\u2019on fait doit \u00eatre utile, c\u2019est du moins la teneur dominante actuelle. Je trouve important de cr\u00e9er un espace qui ne soit pas color\u00e9 par les choses qu\u2019on a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cid\u00e9es, donc cr\u00e9er un espace pour le \u00ab non-savoir \u00bb. Quand on peut vraiment observer ouvertement, on est aussi en mesure de voir des choses qui nous surprennent. Ce sont des choses inattendues, qui nous touchent. C\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu\u2019on apprend vraiment. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, il est souvent indispensable de simplifier notre monde en le r\u00e9duisant \u00e0 l\u2019\u00e9tat fonctionnel et symbolique. De cette mani\u00e8re, nous pouvons \u00eatre efficace et bien orient\u00e9 sur l\u2019objectif final.<\/p>\n<p>Quand mes enfants \u00e9taient encore petits nous jouions \u00e0 ce petit jeu. Nous arrivions \u00e0 un carrefour et nous regardions la couleur rouge. \u00ab Oh la belle couleur rouge ! \u00bb Puis, nous regardions \u00e0 son tour la couleur verte. \u00ab Oh quelle belle couleur, ce vert. \u00bb Ensuite, nous regardions la couleur orange. \u00ab Oui, c\u2019est aussi une couleur sp\u00e9ciale. \u00bb Et apr\u00e8s de nouveau la couleur rouge. \u00ab Bon, maintenant \u00e7a devient ennuyeux, partons. \u00bb<\/p>\n<p>Vous voyez, cette orientation vers un objectif et la capacit\u00e9 de r\u00e9pondre \u00e0 notre environnement en fonction d\u2019\u00e9tiquettes, c\u2019est un r\u00e9flexe tellement pratique. Mais l\u2019on apprend encore mieux dans des moments d\u2019attente, la p\u00e9riode actuelle en est un exemple. Dans cette attente, on est ouvert \u00e0 toutes les choses nouvelles que l\u2019environnement veut nous r\u00e9v\u00e9ler.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Qu\u2019avons-nous \u00e0 apprendre en tant qu\u2019\u00eatres humains, selon toi ?<\/em><\/p>\n<p>Le monde est devenu incroyablement complexe. Autrefois, un \u00eatre humain savait ce qu\u2019il allait faire plus tard ; il lui suffisait d\u2019observer ce que ses parents faisaient et il savait quelle profession il allait exercer. La religion \u00e9tait l\u00e0 pour les choses qu\u2019on ne pouvait pas expliquer et cela nous offrait une certitude face \u00e0 la maladie et la mort. Mais de nos jours, on peut devenir tout ce qu\u2019on veut, du moins pour un temps. Et la religion n\u2019est plus la r\u00e9ponse attendue et qui va de soi. Le soutien qu\u2019elle offrait aux gens a disparu, mais cela ne signifie pas que les gens ne soient plus \u00e0 la recherche de certitudes.<\/p>\n<p>La consommation, le fait de consommer, attribuant une valeur \u00e0 chaque chose, s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 de mani\u00e8re tr\u00e8s astucieuse au cours des cent derni\u00e8res ann\u00e9es ; elle est devenue un ancrage dans notre vie. Donc, si l\u2019on ach\u00e8te tel ou tel produit, on a en retour quelque chose \u00e0 quoi s\u2019accrocher, qui nous r\u00e9v\u00e8le qui nous sommes et qui nous voulons \u00eatre. Et avec la nouvelle saison qui pointe \u00e0 l\u2019horizon, il faut \u00e0 nouveau tout renouveler chez soi. Ainsi, on s\u2019\u00e9carte du sentiment de malaise donn\u00e9 par le \u00ab non-savoir \u00bb. Cependant tout le monde se rend bien compte que la plan\u00e8te ne peut pas se r\u00e9\u00e9quilibrer et g\u00e9rer cela. \u00c0 ce sujet, il est effectivement l\u00e9gitime d\u2019\u00eatre profond\u00e9ment inquiet. D\u2019o\u00f9 la question : \u00e0 quoi t\u2019accroches-tu encore et combien d\u2019accroches as-tu encore besoin ?<\/p>\n<p>Durant mon enfance et adolescence, j\u2019\u00e9tais en contact avec une communaut\u00e9 initiatique Rose-Croix qui \u00e9voque souvent la notion de \u00ab chercheur \u00bb. Je vois cela comme une phase durant laquelle on doit d\u2019abord sortir d\u2019un \u00e9tat d\u2019\u00e9bri\u00e9t\u00e9, comme celui que procure la consommation. Il y a aussi un paradoxe : il faut se sentir en s\u00e9curit\u00e9 pour pouvoir poser certaines questions. Donc, pour pouvoir douter, il faut aussi avoir des certitudes. Par exemple, la s\u00e9curit\u00e9 d\u2019un environnement social o\u00f9 les gens comprennent qu\u2019on se pose des questions et qu\u2019on a des doutes. Actuellement, on a le droit d\u2019\u00eatre chercheur en fonction de notre v\u00e9rit\u00e9 propre. Mais de toute fa\u00e7on, tout commence par \u00eatre dans le \u00ab non-savoir \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Tu parles d\u2019\u00eatre dans le \u00ab non-savoir \u00bb. Est-ce cela qui te pr\u00e9occupe tant actuellement, cet art de l\u2019incertitude ?<\/em><\/p>\n<p>Oui, c&rsquo;est se sentir ok malgr\u00e9 l\u2019absence d\u2019ancrage. Les artistes connaissent tr\u00e8s bien cet \u00e9tat, car d\u2019une toile blanche, ils vont commencer \u00e0 cr\u00e9er quelque chose \u00e0 partir de rien. Du reste, je suis de moins en moins pr\u00e9occup\u00e9 par le produit final, comme je l\u2019\u00e9tais lorsque je me disais compositeur. Bien s\u00fbr, j\u2019\u00e9prouve toujours du plaisir avec un beau morceau de violon. Mais ce qui est encore plus pr\u00e9cieux pour moi, c\u2019est le processus de recherche et d\u2019investigation. Comment l\u2019environnement r\u00e9agit-il \u00e0 ce que je fais, quelle va \u00eatre alors ma prochaine \u00e9tape ? Il s\u2019agit d\u2019embrasser l\u2019incertitude. Cela n\u2019a pas vocation \u00e0 \u00eatre forc\u00e9ment efficace ou n\u00e9cessaire. L&rsquo;art \u00ab est \u00bb tout simplement. C\u2019est pourquoi je trouve vraiment dommage que l\u2019art soit devenu partie prenante de l\u2019\u00e9conomie au cours du dernier si\u00e8cle et demi, qu\u2019il soit per\u00e7u comme utile, l\u2019artiste \u00e9tant le professionnel qui sait.<\/p>\n<p>Je veux me mettre \u00e0 la disposition de l\u2019artiste qui est en chacun de nous. Cet \u00ab esprit d\u2019artiste \u00bb pourrait aider tous et chacun en particulier \u00e0 chercher des solutions aux probl\u00e8mes et \u00e0 se sentir bien malgr\u00e9 l\u2019absence d\u2019ancrage. Si le confinement actuel doit nous apprendre quelque chose, c\u2019est bien que l\u2019avenir est impr\u00e9visible. Et maintenant quoi faire ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Comment peut-on obtenir cela, un \u00e9tat d\u2019esprit d\u2019artiste ?<\/em><\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas quelque chose que l\u2019on trouve dans un livre. Mais on peut cr\u00e9er des conditions pour cela : par exemple, \u00eatre ouvert et observer l\u2019\u00e9tonnement en soi. C\u2019est accepter la beaut\u00e9 aussi, je vois cela comme une condition importante pour pouvoir se relier \u00e0 quelque chose.<\/p>\n<p>Pour moi, c\u2019est une \u00e9vidence que notre ego se met toujours en travers, mais j\u2019ai du mal avec ce que l\u2019on entend parfois par \u00ab se d\u00e9tacher du monde \u00bb. Car c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui me motive : rencontrer des gens, se connecter avec tout et tout le monde, voir la beaut\u00e9 du monde, cach\u00e9e derri\u00e8re l\u2019apparence. Si, dans la rencontre avec les autres, on se sent intens\u00e9ment reli\u00e9, je pense que cela vainc l\u2019\u00e9go. C\u2019est alors qu\u2019on \u00e9prouve de l\u2019\u00e9merveillement pour ce monde complexe, pour la qu\u00eate et l\u2019effort des autres, parce qu\u2019on reconna\u00eet aussi leurs peurs et leurs incertitudes. Cela r\u00e9sonne peut-\u00eatre comme un paradoxe, mais la connexion avec les autres nous offre la libert\u00e9 de l\u00e2cher nos propres peurs. La peur pour nos biens ou la mati\u00e8re en g\u00e9n\u00e9ral est alors si relative. J\u2019en ai fait l\u2019exp\u00e9rience lorsque j\u2019ai travaill\u00e9 comme compositeur et musicien dans des camps de r\u00e9fugi\u00e9s. J\u2019ai d\u2019abord pens\u00e9 que leur culture \u00e9tait tr\u00e8s diff\u00e9rente de la n\u00f4tre, que nous aurions du mal \u00e0 nous rejoindre. Mais en musique, nous \u00e9tions capables de partager tellement de choses, nos \u00e9motions, nos sentiments sont tous si imm\u00e9diats. Alors apr\u00e8s avoir relativis\u00e9 ma propre individualit\u00e9, j\u2019ai ressenti la relation, le lien entre nous. L\u2019unit\u00e9.<\/p>\n<p>Le paradoxe que je veux d\u00e9crire ici c\u2019est qu\u2019en me reliant aux autres, je suis alors en \u00e9tat de l\u00e2cher prise.<\/p>\n<p>Donc, comme condition \u00e0 cet esprit d\u2019artiste, je pense qu\u2019il faut que nous nous sentions reli\u00e9s \u00e0 l\u2019ensemble, que nous ayons confiance et aussi le courage de faire quelque chose nous-m\u00eames aussi. Il y a vraiment beaucoup de choses \u00e0 changer. Il ne s\u2019agit pas d\u2019un processus passif, car seuls les poissons morts flottent dans le sens du courant. Dans la litt\u00e9rature zen, par exemple, le fait de bouger avec le courant est un comportement tr\u00e8s actif.<\/p>\n<p>En tant qu\u2019\u00eatre humain, on vit dans un \u00e9tat d\u2019aspiration. On aspire \u00e0 ce qui est plus \u00e9lev\u00e9, ou \u00e0 faire quelque chose que l\u2019on doit faire, une urgence. Gr\u00e2ce \u00e0 cette solidarit\u00e9 qui est en fait une confiance, on a aussi le courage de r\u00e9aliser des actes concrets. Un peu comme dans une histoire chevaleresque.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Tu as dit quelque part que tu aimerais vivre des centaines d\u2019ann\u00e9es. Que voudrais-tu accomplir de si important ?<\/em><\/p>\n<p>La vie, dont nous faisons partie est un si grand prodige<a id=\"_Hlk64894383\" name=\"_Hlk64894383\">. <\/a>Je vois tant de possibilit\u00e9s ! H\u00e9las, il y a aussi tant de choses que je ne vais pas pouvoir faire, des pays que je ne vais pas pouvoir parcourir, des gens que je ne rencontrerai pas. Je pense qu\u2019il est important de pouvoir changer les choses, afin de rendre le monde plus beau. C\u2019est terriblement frustrant de ne pouvoir disposer que de si peu de temps pour cela.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019avenir, je veux pouvoir partager les prises de conscience relatives \u00e0 cet esprit d\u2019artiste et rendre ce processus accessible, le faire ensemble avec des gens qui en ont quelque notion, comme les artistes par exemple. Comment peut-on aborder la vie avec cette perception ouverte, l\u2019aspect ludique et le pouvoir de l\u2019imagination ? Je voudrais apporter ces principes au monde entier. Afin de pouvoir se d\u00e9tacher de ce sentiment de carence permanente. C\u2019est ce que la plan\u00e8te attend de nous. Non pas plus de croissance \u00e9conomique, mais donner justement la priorit\u00e9 aux choses qui sont constructives pour nous les humains, et pour notre plan\u00e8te. C\u2019est une question de solidarit\u00e9, de la fa\u00e7on dont les gens se connectent entre eux, comment ils s\u2019aident les uns les autres, se soutiennent et peuvent apprendre mutuellement. Ce sont ces valeurs humaines justement qui, en temps de confinement remontent \u00e0 la surface.<\/p>\n<p>En tant qu\u2019homme spirituel, je pense \u00e0 cr\u00e9er de l\u2019espace. Lorsqu\u2019on arrive \u00e0 faire taire le brouhaha dans notre t\u00eate et dans la soci\u00e9t\u00e9. Non pas en recherchant une atmosph\u00e8re de trans, ou dans l\u2019\u00e9tat de relaxation d\u2019un cours de yoga ou autre. Mais dans un \u00e9tat actif de non-savoir, c\u2019est-\u00e0-dire un \u00e9tat d\u2019\u00e9veil et de vigilance \u00e0 la fois. Une voix se rend perceptible alors, venant du plus profond de soi-m\u00eame. C\u2019est d\u2019ailleurs peut-\u00eatre paradoxal que je parle de ce silence. Car moi-m\u00eame j&rsquo;aimerais beaucoup m\u2019engager \u00e0 r\u00e9veiller cela chez d\u2019autres gens. Donc ce dont je parle c\u2019est bien de ralentir, mais c\u2019est un \u00e9norme d\u00e9fi pour moi, que de trouver plus de paix. Parce que j\u2019\u00e9prouve l&rsquo;urgence de partager ces r\u00e9v\u00e9lations de conscience.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><strong>Qui est Merlijn Twaalfhoven ?<\/strong><\/h3>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-63523\" src=\"http:\/\/logon.media\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/twaalfhoven.png\" alt=\"Merlijn\" title=\"\" width=\"204\" height=\"247\" srcset=\"https:\/\/logon.media\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/twaalfhoven.png 204w, https:\/\/logon.media\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/twaalfhoven-20x24.png 20w, https:\/\/logon.media\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/twaalfhoven-30x36.png 30w, https:\/\/logon.media\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/twaalfhoven-40x48.png 40w\" sizes=\"(max-width: 204px) 100vw, 204px\" \/><\/p>\n<p>Merlijn Twaalfhoven (1976) est un compositeur, chef d\u2019orchestre et directeur culturel n\u00e9erlandais. Il a \u00e9tudi\u00e9, durant ses \u00e9tudes secondaires, au Conservatoire Royal de La Haye aux Pays-Bas. \u00c0 Amsterdam, il a poursuivi ses \u00e9tudes avec la composition, le violon alto ainsi que l\u2019Histoire de l\u2019Art et l\u2019ethnomusicologie.<\/p>\n<p>Merlijn a 44 ans et a \u00e9t\u00e9 toute sa vie un homme bien occup\u00e9, faisant beaucoup de choses \u00e0 la fois et ne voulant pas choisir. L\u2019espace joue souvent un r\u00f4le important dans son travail, souvent en dehors d\u2019une sc\u00e8ne de spectacle. Tr\u00e8s t\u00f4t dans sa carri\u00e8re il s\u2019est d\u00e9marqu\u00e9, par exemple lorsqu\u2019il a demand\u00e9 \u00e0 400 chypriotes turcs et chypriotes grecs de jouer la pi\u00e8ce musicale <em>Long distance call <\/em>sur les toits et les balcons des deux c\u00f4t\u00e9s de la fronti\u00e8re. Les th\u00e8mes de son travail sont le silence, la rencontre et la perturbation. Depuis quelques ann\u00e9es, l\u2019art en tant que produit final n\u2019occupe plus une place centrale, mais c\u2019est plut\u00f4t le processus qui int\u00e9resse Merlijn et ce qu\u2019il appelle l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit de l\u2019artiste. Dans ce but, il a fond\u00e9 le Turn Club. Il invite ses co-artistes \u00e0 diffuser plus largement leur pens\u00e9e et leurs interactions avec la soci\u00e9t\u00e9 afin de relever les d\u00e9fis de notre temps.<\/p>\n<p>Merlijn r\u00e9dige une mise \u00e0 jour hebdomadaire truff\u00e9e d\u2019inspirations et d\u2019exemples d\u2019interactions entre l\u2019art et la soci\u00e9t\u00e9. Vous pouvez vous y inscrire via <a href=\"http:\/\/www.turnclub.org\">www.turnclub.org<\/a><\/p>\n<p>Merlijn Twaalfhoven, <em>Het is aan ons<\/em> (\u00c0 nous de jouer), \u00e9ditions atlas contact, 2020, Amsterdam.<\/p>\n<p>Tout \u00eatre humain est cr\u00e9atif par nature. La beaut\u00e9, l\u2019imagination et le jeu font de nous ce que nous sommes. Alors pourquoi sous-traiter la fabrication de l\u2019art \u00e0 des professionnels ? Dans ce livre, Merlijn Twaalfhoven nous explique comment renforcer et d\u00e9velopper notre capacit\u00e9 \u00e0 rendre tangibles les \u00e9motions, les doutes et les r\u00eaves.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas un luxe. En ces temps de grands changements et d\u2019incertitude, il est important que nous nous formions \u00e0 un id\u00e9alisme pratique et que nous nous attaquions aux grands et petits probl\u00e8mes du monde avec un esprit artistique.<\/p>\n","protected":false},"author":923,"featured_media":9845,"template":"","meta":{"_acf_changed":false},"tags":[],"category_":[110064],"tags_english_":[],"class_list":["post-90847","logon_article","type-logon_article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category_-art-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/logon_article\/90847","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/logon_article"}],"about":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/logon_article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/923"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9845"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=90847"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=90847"},{"taxonomy":"category_","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category_?post=90847"},{"taxonomy":"tags_english_","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags_english_?post=90847"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}