{"id":89254,"date":"2018-10-15T09:27:35","date_gmt":"2018-10-15T09:27:35","guid":{"rendered":"https:\/\/logon.media\/logon_article\/dialogue-creatif-dialogue-dans-le-non-savoir\/"},"modified":"2018-10-15T09:27:35","modified_gmt":"2018-10-15T09:27:35","slug":"dialogue-creatif-dialogue-dans-le-non-savoir","status":"publish","type":"logon_article","link":"https:\/\/logon.media\/fr\/logon_article\/dialogue-creatif-dialogue-dans-le-non-savoir\/","title":{"rendered":"Dialogue cr\u00e9atif &#8211; dialogue dans le non-savoir"},"content":{"rendered":"<p>Il est alors souvent question de sujets d&rsquo;ordre social, politique, culturel ou philosophique. Chaque participant s&rsquo;y joint avec son propre bagage d&rsquo;exp\u00e9riences, de repr\u00e9sentations et de connaissances, base sur laquelle s&rsquo;\u00e9tablit le dialogue. La recherche d&rsquo;un consensus sur un th\u00e8me pr\u00e9cis s&rsquo;engage. Elle peut, pour chacun des participants, offrir une nouvelle perspective de l&rsquo;objet de la discussion. La prise en compte de la position des autres est implicite. Et, au terme, peut appara\u00eetre cette sensation consensuelle exprimant un \u00ab c&rsquo;est ainsi \u00bb. Il \u00e9merge une conclusion, une repr\u00e9sentation ou une id\u00e9e, qui peut apporter une certaine sensation d&rsquo;\u00e9l\u00e9vation, et devenir une nouvelle base d&rsquo;action. \u00c0 condition, bien s\u00fbr, que les participants essaient de garder une certaine ouverture les uns envers les autres.<\/p>\n<p>On peut se demander s&rsquo;il y a quoi que ce soit de nouveau dans tout cela. Ou bien si la nouveaut\u00e9 ne r\u00e9siderait pas dans une recomposition d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments anciens ? En d&rsquo;autres termes, chaque participant a apport\u00e9 une certaine part de ses propres repr\u00e9sentations et le groupe s&rsquo;en est saisi pour composer un patchwork, semblant nouveau dans une vue d&rsquo;ensemble, mais en fait constitu\u00e9 de composants anciens ?<\/p>\n<p>La question devient encore plus concr\u00e8te si l&rsquo;on se demande : qu&rsquo;est-ce que le dialogue apporte \u00e0 la personne, consid\u00e9r\u00e9e individuellement ? Cela ne m&rsquo;am\u00e8ne-t-il pas \u00e0 faire un nouvel arrangement dans le cadre de l&rsquo;ordre ancien ? En d&rsquo;autres termes, est-ce que je r\u00e9organise mon univers de pens\u00e9e avec les m\u00eames vieux outils ? Ou bien le dialogue m&rsquo;ouvre-t-il une possibilit\u00e9 d&rsquo;abandonner compl\u00e8tement les anciens outils et que quelque chose apparaisse qui ne soit ni le r\u00e9sultat ni la cons\u00e9quence de l&rsquo;ancien ?<\/p>\n<p>Cette consid\u00e9ration implique une possibilit\u00e9 : qu&rsquo;au cours du dialogue quelque chose puisse se produire qui soit situ\u00e9 en dehors de l&rsquo;ordre ancien, quelque chose de compl\u00e8tement nouveau et par cons\u00e9quent d&rsquo;inconnu de tous les participants au dialogue, dans l&rsquo;unicit\u00e9 du moment. Est-ce vraiment possible ?<\/p>\n<p>Pour pouvoir remplir l&rsquo;espace cr\u00e9\u00e9 dans le dialogue entre des individus de quelque chose de nouveau, l&rsquo;ancien doit c\u00e9der sa place. Mais qu&rsquo;est-ce que cela signifie ?<\/p>\n<p>Pour faire dispara\u00eetre l\u2019ancien de l&rsquo;espace entre des \u00eatres humains, il doit d&rsquo;abord disparaitre de l&rsquo;espace \u2013 ou mieux, de la conscience \u2013 de chacun en particulier.<\/p>\n<p>On pourrait \u00e0 pr\u00e9sent se questionner sur sa propre relation avec l&rsquo;ancien.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme tend \u00e0 se cramponner \u00e0 ses convictions, \u00e0 ses concepts et ses id\u00e9es afin d&rsquo;\u00e9viter l&rsquo;incertitude et la peur. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, il existe dans notre esprit un processus constant d&rsquo;affinage et d&rsquo;adaptation de nos concepts afin de pr\u00e9server ce que nous savons, et de procurer un sentiment de s\u00e9curit\u00e9. Mais quand bien m\u00eame nous comprendrions les limites et la confusion qui d\u00e9coulent de la tentative d&rsquo;\u00e9luder la v\u00e9rit\u00e9 par des affirmations et des projections, la question demeurerait : que signifie la fin de l&rsquo;ancien ?<\/p>\n<p>Y a-t-il une autorit\u00e9 en nous, qui d\u00e9cide : \u00ab\u00a0Ceci est ancien et ceci est nouveau\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Ceci peut partir, ceci doit rester\u00a0\u00bb ?<\/p>\n<p>Qui donc contr\u00f4le ? Ou l&rsquo;autorit\u00e9 de contr\u00f4le fait-elle \u00e9galement partie de l&rsquo;ancien, et pense-t-elle simplement s&rsquo;en \u00eatre affranchie ?<\/p>\n<p>L&rsquo;organe de contr\u00f4le fait certainement partie de l&rsquo;ancien, car il \u00e9met des jugements selon les anciennes normes, quel que soit ce qui lui est pr\u00e9sent\u00e9, conform\u00e9ment \u00e0 sa conception ancienne de la fa\u00e7on dont les choses doivent \u00eatre. L\u2019ancien ne peut pas juger correctement le nouveau. Le nouveau n&rsquo;est l\u00e0 que lorsque l&rsquo;ancien prend fin. Mais que signifie donc que l&rsquo;ancien puisse prendre fin ?<\/p>\n<p>Que se passe-t-il lorsque l&rsquo;on est arriv\u00e9 int\u00e9rieurement \u00e0 ce point \u00e0 partir duquel on cesse de savoir comment proc\u00e9der ? Soit on se met \u00e0 sp\u00e9culer, soit la tentative de l&rsquo;esprit de trouver une r\u00e9ponse bas\u00e9e sur le stock limit\u00e9 de ses connaissances prend fin. Dans la situation qui se pr\u00e9sente, l&rsquo;ultime r\u00e9ponse est : \u00ab\u00a0Je ne sais pas\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pour la plupart des gens, la question s&rsquo;arr\u00eate \u00e0 ce point et la r\u00e9flexion se poursuit alors dans une autre direction. Pourquoi cela se produit-il ? Pourquoi \u00e9vitons-nous ce : \u00ab\u00a0Je ne sais pas\u00a0\u00bb ?<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;esprit non vigilant, cela ressemble \u00e0 un point mort. Il s\u2019agit en fait ici d&rsquo;un seuil entre l&rsquo;esprit m\u00e9lancolique et l&rsquo;esprit \u00e9veill\u00e9.<\/p>\n<p>Consid\u00e9rons l\u2019ensemble de notre \u00e9tat d\u2019\u00eatre et de sentiment : qu\u2019\u00e9prouvons-nous si, au fond de nous-m\u00eame, nous nous avouons : \u00ab\u00a0Je ne sais pas\u00a0\u00bb ? Avons-nous d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu cet \u00e9tat sans pr\u00e9jug\u00e9, dans une grande simplicit\u00e9 ?<\/p>\n<p>La profonde prise de conscience de \u00ab ne pas savoir \u00bb, ne rec\u00e8le-t-elle pas d&rsquo;abord un sentiment latent d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9, d\u00e9coulant de la d\u00e9sorientation et de l&rsquo;incertitude ? Cependant, au lieu d\u2019en rester \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 du fait, l&rsquo;esprit en g\u00e9n\u00e9ral s\u2019enfuit dans toutes sortes d&rsquo;activit\u00e9s, en se dispersant, en fuyant vers une m\u00e9thode, un mantram pour pouvoir faire face \u00e0 la peur. Pourtant, cette peur fondamentale ne peut \u00eatre comprise et donc disparaitre que dans la v\u00e9rit\u00e9 silencieuse de la conscience, sans jugement de l&rsquo;\u00eatre entier. Tout le reste demeure une fuite de ce qui est ; de ce que nous sommes. Et tant que la peur n&rsquo;est pas d\u00e9racin\u00e9e de plus en plus profond\u00e9ment, il y aura toujours dans l&rsquo;inconscient une attirance pour les explications et les repr\u00e9sentations qui font miroiter la s\u00e9curit\u00e9. Cette peur est la racine de l&rsquo;affirmation int\u00e9rieure \u00ab\u00a0Je sais\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La fin de l&rsquo;ancien \u2013 la pens\u00e9e fondamentale \u00ab\u00a0Je sais\u00a0\u00bb \u2013 commence donc dans la conscience profonde du non-savoir. Cependant, \u00ab ne pas savoir \u00bb ne doit pas \u00eatre seulement une fa\u00e7on de parler. Le non-savoir veut \u00eatre fond\u00e9. Que signifie \u00ab\u00a0ne pas savoir\u00a0\u00bb ?<\/p>\n<p>N&rsquo;est-il pas \u00e9tonnant de d\u00e9couvrir que la question \u00ab\u00a0Qu&rsquo;est-ce que le non-savoir ?\u00a0\u00bb d\u00e9bouche sur le non-savoir ? Cela se produit lorsque la r\u00e9ponse \u00e0 la question ne provient pas de la pens\u00e9e qui explique, mais d&rsquo;une conscience toute simple qui se d\u00e9ploie dans une exploration silencieuse. Un tel \u00e9tat de non-connaissance ne rend-il pas l&rsquo;esprit compl\u00e8tement r\u00e9ceptif ?<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est plus alors le \u00ab\u00a0je sais\u00a0\u00bb qui explique au pr\u00e9sent le pourquoi des choses. Mais c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment dans l&rsquo;\u00e9tat de non-connaissance qu&rsquo;un pr\u00e9sent peut se communiquer sans entrave \u00e0 l&rsquo;esprit vigilant. Cela demande que chaque aspect qui surgit dans la pens\u00e9e soit confront\u00e9 \u00e0 une conscience inconditionnelle. C&rsquo;est l&rsquo;inconditionnalit\u00e9 qui ressemble \u00e0 l&rsquo;amour.<\/p>\n<p>Lorsque nous poss\u00e9dons tant d&rsquo;amour que nous pouvons affronter chaque aspect de l&rsquo;\u00eatre en pure conscience, un processus de transformation et de renouvellement se produit dans cette v\u00e9racit\u00e9. Nos syst\u00e8mes de croyance, l&rsquo;id\u00e9e que nous nous faisons du monde et de nous-m\u00eames, les certitudes accumul\u00e9es perdent leur fondement. La nouvelle base est la v\u00e9racit\u00e9 du \u00ab non-savoir \u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;esprit devient simple et calme. L&rsquo;ou\u00efe et la vue int\u00e9rieures deviennent plus aiguis\u00e9es. Et, de fa\u00e7on inattendue, un \u00ab\u00a0dialogue\u00a0\u00bb sans paroles avec le pr\u00e9sent cr\u00e9atif s&rsquo;ouvre. Le non-savoir devient une toute nouvelle porte pour la cr\u00e9ativit\u00e9 qui se d\u00e9ploie \u00e9ternellement.<\/p>\n<p>Et de cette fa\u00e7on, dans un dialogue au sein d&rsquo;un groupe de personnes, la possibilit\u00e9 s&rsquo;ouvre que quelque chose de totalement nouveau, qui transcende le connu, vienne s\u2019exprimer au milieu d\u2019elles.<\/p>\n","protected":false},"author":922,"featured_media":3647,"template":"","meta":{"_acf_changed":false},"tags":[],"category_":[110103,110116],"tags_english_":[],"class_list":["post-89254","logon_article","type-logon_article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category_-spiritsoul-fr","category_-zeitgeist-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/logon_article\/89254","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/logon_article"}],"about":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/logon_article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/922"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3647"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=89254"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=89254"},{"taxonomy":"category_","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category_?post=89254"},{"taxonomy":"tags_english_","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags_english_?post=89254"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}