{"id":88680,"date":"2017-11-21T10:14:08","date_gmt":"2017-11-21T10:14:08","guid":{"rendered":"https:\/\/logon.media\/logon_article\/au-dela-de-la-pensee\/"},"modified":"2017-11-21T10:14:08","modified_gmt":"2017-11-21T10:14:08","slug":"au-dela-de-la-pensee","status":"publish","type":"logon_article","link":"https:\/\/logon.media\/fr\/logon_article\/au-dela-de-la-pensee\/","title":{"rendered":"Au-del\u00e0 de la pens\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les pens\u00e9es me traversent comme un flux r\u00e9gulier de couleurs, de sons et de formes. Suis-je la cr\u00e9atrice de ces pens\u00e9es ?<\/p>\n<p>En m&rsquo;asseyant et en observant, je vois les pens\u00e9es s&rsquo;\u00e9couler \u00e0 travers moi. Je ne suis pas \u00e0 l&rsquo;origine de ces pens\u00e9es et pourtant elles continuent \u00e0 se produire comme si elles \u00e9taient ext\u00e9rieures \u00e0 moi. Je ne suis pas la penseuse, mais la pens\u00e9e se produit quand m\u00eame. Et tandis que les pens\u00e9es vont et viennent, je capte une pens\u00e9e qui semble plus importante que les autres. Je l&rsquo;appelle \u00ab\u00a0ma pens\u00e9e\u00a0\u00bb. Je me consid\u00e8re comme sa cr\u00e9atrice. Je suis fi\u00e8re de son influence ; je me sens bless\u00e9e quand elle est mal comprise. Je m&rsquo;identifie \u00e0 elle ; moi et ma pens\u00e9e devenons une seule unit\u00e9 au-del\u00e0 de laquelle je ne peux pas voir.<\/p>\n<p>J&rsquo;appelle les autres pens\u00e9es \u00ab\u00a0vos pens\u00e9es\u00a0\u00bb et je m&rsquo;y oppose avec passion. Je vois comment ces pens\u00e9es construisent un mur toujours plus solide entre nous.<\/p>\n<p>Je vois les pens\u00e9es de mes anc\u00eatres. Je les appelle \u00ab\u00a0mon pass\u00e9\u00a0\u00bb. Je leur reproche ma douleur int\u00e9rieure, mais je suis \u00e9galement fi\u00e8re de mon histoire.<\/p>\n<p>Je lis et j&rsquo;\u00e9coute les pens\u00e9es des grands penseurs. Je cis\u00e8le mon intellect en fonction de leurs mod\u00e8les. Je pense \u00e0 eux et je pense \u00e0 leurs pens\u00e9es.<\/p>\n<p>J&rsquo;\u00e9coute mes amis, je consid\u00e8re leurs opinions, je me positionne dans une relation toujours nouvelle avec eux. Nous d\u00e9couvrons des mod\u00e8les et des classements pour nos concepts communs, et nous sommes toujours occup\u00e9s \u00e0 adapter et \u00e0 restructurer le b\u00e2timent de la pens\u00e9e, le b\u00e2timent que nous appelons \u00ab\u00a0notre identit\u00e9\u00a0\u00bb. Les murs de ce b\u00e2timent deviennent de plus en plus solides, la pi\u00e8ce dans laquelle je me trouve est de plus en plus petite. Ce b\u00e2timent devient ma r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Lorsque je suis assise tranquillement et que j&rsquo;observe, je ne vois presque rien derri\u00e8re ces murs. Je vois les pens\u00e9es que j&rsquo;appelle \u00ab\u00a0les miennes\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0les tiennes\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0bonnes\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0mauvaises\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0importantes\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0insignifiantes\u00a0\u00bb, et plus je les fixe, plus elles deviennent fermes et plus elles me tiennent. Et je suis assise dans le noir, ignorante au milieu de ma propre biblioth\u00e8que mentale, me noyant presque dans les innombrables concepts et id\u00e9es que j&rsquo;ai rassembl\u00e9s au fil des ans.<\/p>\n<p>Alors que je suis assise tranquillement et que j&rsquo;observe, je r\u00e9alise que rien de tout cela n&rsquo;est moi, rien de tout cela n&rsquo;est r\u00e9el, rien de tout cela n&rsquo;a d&rsquo;importance.<\/p>\n<p>Je me tourne \u00e0 nouveau vers le mouvement r\u00e9gulier qu&rsquo;est la vie. Tout ce que j&rsquo;ai appel\u00e9 \u00ab\u00a0moi\u00a0\u00bb, dans la fiert\u00e9 comme dans le d\u00e9sespoir, mon identit\u00e9 si soigneusement model\u00e9e, n&rsquo;est peut-\u00eatre qu&rsquo;une forme temporaire dans laquelle j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de me pi\u00e9ger. Et \u00e0 mesure que je me d\u00e9fais de l&rsquo;illusion que ces pens\u00e9es sont \u00ab\u00a0moi\u00a0\u00bb, je les vois perdre de leur densit\u00e9 ; elles deviennent plus lumineuses, plus translucides.<\/p>\n<p>J&rsquo;avais toujours pens\u00e9 qu&rsquo;un moment viendrait o\u00f9 je cesserais de penser, un moment de profond enfoncement, dans lequel toutes les pens\u00e9es s&rsquo;\u00e9vaporeraient tout simplement. Mais j&rsquo;avais beau essayer de les faire fuir, les pens\u00e9es, les suppositions, l&rsquo;identification ne s&rsquo;arr\u00eataient jamais. Je n&rsquo;ai jamais cess\u00e9.<\/p>\n<p>En m&rsquo;asseyant tranquillement et en observant, je r\u00e9alise que je n&rsquo;ai pas besoin de forcer mes pens\u00e9es \u00e0 dispara\u00eetre. Elles sont ce qu&rsquo;elles sont, un flux constant d&rsquo;images, de concepts, d&rsquo;explications, d&rsquo;opinions. Mais je ne suis pas leur cr\u00e9atrice, pas plus que je ne suis leur esclave. Je suis juste un observateur qui regarde gracieusement les mouvements sans fin de la vie. Je m&rsquo;assieds et j&rsquo;observe, r\u00e9alisant que je ne peux \u00eatre expliqu\u00e9e par aucun concept, aucune logique ; que je suis au-del\u00e0 de toute opinion.<\/p>\n<p>Alors que je suis assise tranquillement et que j&rsquo;observe, je ne peux plus m&rsquo;identifier \u00e0 une pens\u00e9e ou \u00e0 une autre. Elles vont et viennent, et leur existence ne me d\u00e9range plus, car je ne m&rsquo;attache plus \u00e0 elles, elles ne me soumettent pas \u00e0 leurs limitations. Je les laisse aller et elles deviennent plus l\u00e9g\u00e8res, elles perdent leurs formes rigides, leurs couleurs sombres s&rsquo;\u00e9claircissent. Les murs autrefois durs se transforment en nuages l\u00e9gers qui jouent autour de moi comme une brise l\u00e9g\u00e8re.<\/p>\n<p>Alors que je m&rsquo;assois tranquillement et que j&rsquo;observe, je vois l&rsquo;\u00e9difice de pens\u00e9es qui m&rsquo;entoure perdre progressivement tous ses contours, et pour la premi\u00e8re fois depuis longtemps, je peux \u00e0 nouveau voir le ciel de mon propre univers int\u00e9rieur. Loin de l&rsquo;identit\u00e9 que j&rsquo;avais imagin\u00e9e, je r\u00e9alise que je suis infinie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":922,"featured_media":2429,"template":"","meta":{"_acf_changed":false},"tags":[],"category_":[110103,110064],"tags_english_":[],"class_list":["post-88680","logon_article","type-logon_article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category_-spiritsoul-fr","category_-art-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/logon_article\/88680","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/logon_article"}],"about":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/logon_article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/922"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2429"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=88680"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=88680"},{"taxonomy":"category_","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category_?post=88680"},{"taxonomy":"tags_english_","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags_english_?post=88680"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}