{"id":117386,"date":"2025-04-28T08:22:55","date_gmt":"2025-04-28T08:22:55","guid":{"rendered":"https:\/\/logon.media\/?post_type=logon_article&#038;p=117386"},"modified":"2025-04-28T08:25:10","modified_gmt":"2025-04-28T08:25:10","slug":"la-crucifixion-blanche-de-marc-chagall-une-reflexion-spirituelle-et-esoterique","status":"publish","type":"logon_article","link":"https:\/\/logon.media\/fr\/logon_article\/la-crucifixion-blanche-de-marc-chagall-une-reflexion-spirituelle-et-esoterique\/","title":{"rendered":"La Crucifixion Blanche de Marc Chagall : Une r\u00e9flexion spirituelle et \u00e9sot\u00e9rique"},"content":{"rendered":"<h3><strong>Pr\u00e9face<\/strong><\/h3>\n<p><em>Ayant pass\u00e9 des d\u00e9cennies immerg\u00e9 dans les enseignements d\u2019une voie spirituelle gnostique, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par la mani\u00e8re naturelle dont l\u2019\u0153uvre de Chagall ouvrait la voie \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation \u00e9sot\u00e9rique.<\/em><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Bien que ses origines soient hassidiques et les miennes gnostiques et chr\u00e9tiennes, le langage mystique commun du symbole, de la lumi\u00e8re, de l\u2019exil et du retour a cr\u00e9\u00e9 un pont, un espace de compr\u00e9hension mutuelle entre les traditions. C\u2019est de cet espace qu\u2019est n\u00e9e cette r\u00e9flexion.<\/p>\n<p>Ce qui suit est une m\u00e9ditation sur le pouvoir de l\u2019art \u00e0 contenir la souffrance et \u00e0 la transcender. La Crucifixion Blanche n\u2019\u00e9voque pas le d\u00e9sespoir, mais la transformation \u00e0 la fronti\u00e8re entre le visible et l\u2019invisible. Ces r\u00e9flexions invitent le lecteur \u00e0 regarder \u00e0 nouveau \u2013 et \u00e0 s\u2019int\u00e9rioriser \u2013 au-del\u00e0 des \u00e9v\u00e9nements historiques, vers la dimension m\u00e9taphysique de la douleur, de l\u2019endurance et du souvenir divin.<\/p>\n<p>C\u2019est aussi un appel \u00e0 consid\u00e9rer l\u2019art non pas comme une simple expression, mais comme une r\u00e9v\u00e9lation. Une peinture comme celle-ci rec\u00e8le un potentiel qui va bien au-del\u00e0 de la contemplation esth\u00e9tique. Elle fonctionne comme une ic\u00f4ne, un outil spirituel porteur des vibrations d&rsquo;un message universel\u00a0: la souffrance peut \u00eatre sanctifi\u00e9e et les t\u00e9n\u00e8bres peuvent apporter la lumi\u00e8re. Le spectateur est encourag\u00e9 \u00e0 aborder une telle \u0153uvre avec les yeux et l&rsquo;\u00e2me, \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de la musique silencieuse du sens qui se cache juste sous la surface.<\/p>\n<h3><strong>La Crucifixion Blanche\u00a0: Une Vision Mystique dans le Temps Historique<\/strong><\/h3>\n<p>La puissance spirituelle de La Crucifixion Blanche r\u00e9side dans son immobilit\u00e9 et son refus d&rsquo;offrir une solution facile. C&rsquo;est dans cette retenue que r\u00e9side sa radicalit\u00e9. Alors que d&rsquo;autres pourraient utiliser l&rsquo;art pour protester, Chagall invoque une transformation plus profonde qui \u00e9merge de la souffrance et la transcende finalement.<\/p>\n<p>La Crucifixion Blanche de Marc Chagall a \u00e9t\u00e9 peinte en 1938, \u00e0 une \u00e9poque de profonds bouleversements politiques et spirituels. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, la Nuit de Cristal a eu lieu en Allemagne, pr\u00e9lude terrifiant \u00e0 la Shoah. Dans ce climat de pers\u00e9cution et de destruction, Chagall a r\u00e9pondu non pas par la propagande, mais par une vision qui ancrait l&rsquo;histoire dans un cadre spirituel.<\/p>\n<p>Le personnage crucifi\u00e9 est ind\u00e9niablement juif\u00a0: envelopp\u00e9 dans un talith, marqu\u00e9 des symboles de son peuple. Autour de lui br\u00fblent les symboles de la vie juive\u00a0: synagogues, parchemins, maisons. Les gens fuient, angoiss\u00e9s. Pourtant, de la croix rayonne la lumi\u00e8re. Non pas celle de la conqu\u00eate, mais celle du t\u00e9moignage et de la pers\u00e9v\u00e9rance.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019ancr\u00e9 dans l\u2019histoire, le tableau la transcende. C\u2019est \u00e0 la fois une lamentation et une initiation. Chagall ne nous donne pas de r\u00e9ponses\u00a0: il offre silence et symboles. Le personnage sur la croix est serein et lumineux. Sa souffrance est int\u00e9rieure et sacr\u00e9e. Le chaos environnant devient une \u00e9criture visuelle, un alphabet mystique de r\u00e9v\u00e9lation et de deuil.<\/p>\n<p>Cette vision transforme le moment historique en un paysage spirituel. Le traumatisme de l\u2019exil, l\u2019incendie des temples, la fuite des familles\u00a0: ce ne sont pas seulement des trag\u00e9dies litt\u00e9rales, mais aussi des symboles de la d\u00e9sorientation et du d\u00e9sir de l\u2019\u00e2me. Le g\u00e9nie de Chagall r\u00e9side dans sa capacit\u00e9 \u00e0 traduire l\u2019agonie concr\u00e8te en langage m\u00e9taphysique. En ce sens, la Crucifixion Blanche fonctionne comme un Psautier moderne\u00a0: elle se lamente, se souvient et esp\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-117369 aligncenter\" src=\"https:\/\/logon.media\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/25-04-01-white-crucifixion-1938.jpgLarge-258x300.jpg\" alt=\"\" width=\"443\" height=\"515\" srcset=\"https:\/\/logon.media\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/25-04-01-white-crucifixion-1938.jpgLarge-258x300.jpg 258w, https:\/\/logon.media\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/25-04-01-white-crucifixion-1938.jpgLarge-21x24.jpg 21w, https:\/\/logon.media\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/25-04-01-white-crucifixion-1938.jpgLarge-31x36.jpg 31w, https:\/\/logon.media\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/25-04-01-white-crucifixion-1938.jpgLarge-41x48.jpg 41w, https:\/\/logon.media\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/25-04-01-white-crucifixion-1938.jpgLarge.jpg 516w\" sizes=\"(max-width: 443px) 100vw, 443px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><a class=\"copyright copyright-author\" href=\"https:\/\/www.wikiart.org\/en\/marc-chagall\/white-crucifixion-1938\"><i class=\"copyright-icon-copyright\"><img decoding=\"async\" class=\"\" src=\"https:\/\/cdn.iconscout.com\/icon\/free\/png-256\/free-copyright-icon-download-in-svg-png-gif-file-formats--ui-elements-pack-user-interface-icons-444630.png?f=webp&amp;w=256\" alt=\"Free Copyright Icon\" width=\"13\" height=\"13\" \/> <\/i>Marc Chagall\u00a0<\/a> <img decoding=\"async\" class=\"\" src=\"https:\/\/cdn.iconscout.com\/icon\/premium\/png-256-thumb\/fair-use-10003121-8143443.png?f=webp&amp;w=256\" alt=\"Fair Use Logo Icon\" width=\"17\" height=\"17\" \/> <a class=\"copyright copyright-clear\"><i class=\"copyright-icon-fair-use\"><\/i>Fair Use<\/a><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>La Crucifixion Blanche<\/em> de Marc Chagall \u00e0\u00a0<a href=\"https:\/\/www.artic.edu\/artworks\/59426\/white-crucifixion\">Art Institute of Chicago<\/a><\/p>\n<p><a class=\"copyright copyright-author\"><i class=\"copyright-icon-copyright\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0<\/i><\/a><\/p>\n<p>Le tableau invite le spectateur \u00e0 un \u00e9tat m\u00e9ditatif par son immobilit\u00e9 et son intensit\u00e9. Il ne crie pas. Il r\u00e9v\u00e8le. Il n\u2019accuse pas. Il r\u00e9fl\u00e9chit. Ce silence est un langage, celui de l\u2019\u00e2me. La figure crucifi\u00e9e, rayonnante au milieu de la d\u00e9vastation, offre un profond paradoxe\u00a0: plus la souffrance est int\u00e9rieure, plus son illumination est vaste.<\/p>\n<h3><strong>Le sens profond du symbole et de la lumi<\/strong><strong>\u00e8<\/strong><strong>re<\/strong><\/h3>\n<p>En contemplant une \u0153uvre comme celle-ci, on ne peut s\u2019emp\u00eacher de se sentir aspir\u00e9 par les courants de la tradition spirituelle qui palpitent sous la surface. Tout comme les mystiques antiques parlaient d\u2019un voile entre le terrestre et le divin, Chagall peint ce voile et le d\u00e9chire. Ses symboles ne se contentent pas d\u2019indiquer un sens\u00a0; ils vibrent de pr\u00e9sence. Chaque coup de pinceau porte le souvenir de l&rsquo;exil et le d\u00e9sir du retour, \u00e9voquant une v\u00e9rit\u00e9 qui r\u00e9sonne \u00e0 travers le temps\u00a0: le monde visible n&rsquo;est qu&rsquo;un v\u00eatement tiss\u00e9 sur des r\u00e9alit\u00e9s invisibles.<\/p>\n<p>Dans la cosmologie gnostique antique, le Logos descend dans la mati\u00e8re pour r\u00e9veiller des \u00e9tincelles divines diss\u00e9min\u00e9es \u00e0 travers le monde. Cet acte de descente n&rsquo;est pas une punition, mais un but\u00a0: une intervention divine n\u00e9e de la compassion. Dans La Crucifixion blanche, le crucifi\u00e9 appara\u00eet comme cet \u00e9missaire m\u00eame\u00a0: lumineux non pas malgr\u00e9 la souffrance, mais gr\u00e2ce \u00e0 elle. Le rayonnement qui l&rsquo;entoure n&rsquo;est pas ornemental\u00a0; il est essentiel. Il incarne un myst\u00e8re familier au mystique comme au chercheur\u00a0: la lumi\u00e8re na\u00eet des profondeurs.<\/p>\n<p>Dans la tradition kabbalistique, le Tikkun Olam \u2013 la r\u00e9paration du monde \u2013 commence \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur. La lumi\u00e8re divine, diffus\u00e9e \u00e0 travers la cr\u00e9ation, est recueillie \u00e0 nouveau par la conscience, l&rsquo;humilit\u00e9 et l&rsquo;amour. La figure lumineuse de Chagall sugg\u00e8re que cette lumi\u00e8re n&rsquo;est pas aussi lointaine, mais pr\u00e9sente au c\u0153ur de la douleur. Il ne s&rsquo;agit pas seulement d&rsquo;une lumi\u00e8re symbolique, mais d&rsquo;un appel participatif \u00e0 \u00e9veiller notre propre lumi\u00e8re int\u00e9rieure face aux t\u00e9n\u00e8bres ext\u00e9rieures.<\/p>\n<p>Le concept de Shekinah \u2013 la pr\u00e9sence divine f\u00e9minine et int\u00e9rieure \u2013 impr\u00e8gne le tableau. On le per\u00e7oit dans l&rsquo;homme en deuil avec la Torah, les silhouettes en fuite et la synagogue en feu. La Shekinah est en exil avec son peuple, mais ne l&rsquo;a pas abandonn\u00e9. Elle attend dans les cendres, voil\u00e9e de chagrin. Sa pr\u00e9sence, bien que cach\u00e9e, est r\u00e9confortante. Dans la mystique juive, son exil refl\u00e8te l&rsquo;exil de l&rsquo;\u00e2me loin du divin, et sa r\u00e9demption est intimement li\u00e9e \u00e0 la n\u00f4tre.<\/p>\n<p>Pour ceux qui sont impr\u00e9gn\u00e9s de pens\u00e9e gnostique, cette figure crucifi\u00e9e fait \u00e9cho au Logos \u2013 le Verbe divin tomb\u00e9 dans la mati\u00e8re pour y faire jaillir les \u00e9tincelles. C&rsquo;est l&rsquo;Atome Primordial, la semence de divinit\u00e9 enfouie en chaque \u00e2me. Le tableau nous appelle non pas \u00e0 fuir la souffrance, mais \u00e0 la transformer. Par cette transmutation, l&rsquo;\u00e2me n&rsquo;est pas bris\u00e9e, mais raffin\u00e9e, devenant transparente \u00e0 une lumi\u00e8re sup\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Chaque \u00e9l\u00e9ment est d\u00e9lib\u00e9r\u00e9. \u200b\u200bLa synagogue n&rsquo;est pas seulement d\u00e9truite, elle est purifi\u00e9e. Les rouleaux ne sont pas seulement des textes sacr\u00e9s, ce sont des flammes de m\u00e9moire. Les figures en fuite ne sont pas de simples victimes, mais des errantes qui portent l&rsquo;\u00e9tincelle. Et dans ce mouvement, le voyage de l&rsquo;\u00e2me se poursuit.<\/p>\n<p>Les symboles ne sont pas des ornements dans l&rsquo;\u0153uvre de Chagall. Ce sont des portes. Et dans ce tableau, chaque porte s&rsquo;ouvre sur l&rsquo;\u00e9ternel. Ce qui semble al\u00e9atoire est ordonn\u00e9. Ce qui semble d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 est illumin\u00e9 de l&rsquo;int\u00e9rieur. La toile enti\u00e8re devient un commentaire cosmique, articulant en silence ce qu&rsquo;aucun mot ne saurait exprimer.<\/p>\n<h3><strong>Une carte pour le voyage int\u00e9rieur<\/strong><\/h3>\n<p>Le voyage de l&rsquo;\u00e2me \u00e0 travers la douleur, le feu et la transformation n&rsquo;est pas \u00e9tranger aux traditions mystiques. Dans l&rsquo;imagerie de la Crucifixion blanche, on peut tracer une sorte de cartographie sacr\u00e9e qui commence par une trag\u00e9die historique mais pointe vers une renaissance int\u00e9rieure. Le tableau sugg\u00e8re que la travers\u00e9e des t\u00e9n\u00e8bres ne passe pas par l&rsquo;\u00e9vasion, mais par la transmutation. Sa g\u00e9om\u00e9trie n&rsquo;est pas seulement artistique ; elle est initiatique.<\/p>\n<p>La composition de Chagall, bien que chaotique en apparence, est ordonn\u00e9e dans son sens. On dirait qu&rsquo;il a peint un manuscrit sacr\u00e9. Les \u00e9l\u00e9ments \u2013 la croix, le feu, les pleurs, la lumi\u00e8re \u2013 forment une g\u00e9om\u00e9trie spirituelle. Chaque image agit comme un glyphe, invitant le spectateur contemplatif \u00e0 s&rsquo;aligner.<\/p>\n<p>Des figures flottantes pr\u00e8s du haut du tableau, peut-\u00eatre des \u00e2mes ou des anges, sugg\u00e8rent l&rsquo;ascension. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une fuite du monde, mais d&rsquo;un retour \u00e0 l&rsquo;essence. La figure crucifi\u00e9e est l&rsquo;axe. Le point fixe dans la temp\u00eate qui tourne. Il ne r\u00e9siste pas, il rayonne.<\/p>\n<p>Cette \u0153uvre interpelle ceux qui se sentent exil\u00e9s \u2013 de la foi, de l&rsquo;origine et du sens. Elle parle le langage commun de la souffrance et celui de la lumi\u00e8re. Le gnostique conna\u00eet ce voyage. Le kabbaliste aussi. Le chercheur le ressent comme le souvenir d&rsquo;un souvenir oubli\u00e9 depuis longtemps et dont le besoin est urgent.<\/p>\n<p>Contempler ce tableau, c&rsquo;est se laisser porter par l&rsquo;int\u00e9rieur. Se tenir face \u00e0 l&rsquo;histoire, t\u00e9moin et acteur de la qu\u00eate humaine de sens, d&rsquo;espoir et de renouveau. M\u00eame dans l&rsquo;effondrement, quelque chose demeure. Et c&rsquo;est de ce quelque chose que le voyage commence. Ainsi, le tableau devient une porte vers la cit\u00e9 \u00e9ternelle que nous portons dans nos c\u0153urs.<\/p>\n<p>Le voyage qu&rsquo;il invite n&rsquo;est pas celui du dogme ou de l&rsquo;id\u00e9ologie, mais celui de la v\u00e9rit\u00e9 exp\u00e9rientielle. Le spectateur devient l&rsquo;initi\u00e9. Le tableau devient le seuil. Tout chemin d&rsquo;\u00e9veil spirituel commence par un instant comme celui-ci\u00a0: un instant de calme face au myst\u00e8re, un instant de reconnaissance face \u00e0 l\u2019\u00e9ternel.<\/p>\n<h3><strong>Un tableau qui vous regarde<\/strong><\/h3>\n<p>Voir v\u00e9ritablement la Crucifixion Blanche, c&rsquo;est \u00eatre vu par elle. Elle n&rsquo;est pas passive. Elle n&rsquo;exige pas d&rsquo;interpr\u00e9tation, mais invite \u00e0 la pr\u00e9sence. Elle attend celui qui peut regarder au-del\u00e0 de l&rsquo;horreur vers la saintet\u00e9, au-del\u00e0 de l&rsquo;exil vers l&rsquo;essence. Elle invite le spectateur \u00e0 la qui\u00e9tude sacr\u00e9e.<\/p>\n<p>Le tableau devient un miroir. Ce que nous voyons d\u00e9pend de ce que nous apportons. Il accompagne l&rsquo;\u00e2me en qu\u00eate. Il donne de la dignit\u00e9 \u00e0 la douleur et une forme au d\u00e9sir informe qui anime la vie int\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas une illustration du dogme, mais une ic\u00f4ne de la transformation. C&rsquo;est l&rsquo;art non pas comme une \u00e9vasion, mais comme un sanctuaire. Et dans ce sanctuaire, la voix douce du divin se fait \u00e0 nouveau entendre. Le calme devient sacr\u00e9. Le silence devient louange. Ici, l&rsquo;art devient pri\u00e8re.<\/p>\n<h3><strong>Post-scriptum<\/strong><\/h3>\n<p>Je reviens \u00e0 cette figure silencieuse en r\u00e9fl\u00e9chissant \u00e0 la Crucifixion Blanche. Il ne crie pas. Il n&rsquo;accuse pas. Il endure, illumine et invite. Sa lumi\u00e8re blanche est la lumi\u00e8re de l&rsquo;\u00e2me, br\u00fblant patiemment dans les ruines du monde.<\/p>\n<p>Sur le chemin que j&#8217;emprunte, la Crucifixion est le signe du seuil int\u00e9rieur, l\u00e0 o\u00f9 le moi inf\u00e9rieur c\u00e8de et o\u00f9 na\u00eet le moi \u00e9ternel. Dans la peinture de Chagall, cela est rendu non pas avec triomphe, mais avec tendresse. Sa vision nous rappelle que la v\u00e9ritable initiation est silencieuse, int\u00e9rieure et baign\u00e9e de gr\u00e2ce.<\/p>\n<p>Pour le chercheur, le tableau devient un miroir. Son sens n&rsquo;est pas fig\u00e9. Il attend d&rsquo;\u00eatre d\u00e9couvert \u00e0 la lumi\u00e8re de l&rsquo;exp\u00e9rience de chaque spectateur. Il s&rsquo;ouvre int\u00e9rieurement, tel un parchemin, chaque regard en r\u00e9v\u00e9lant davantage. C&rsquo;est un livre vivant de l&rsquo;\u00e2me.<\/p>\n<p>Ce qui commence dans la douleur peut se terminer en chant. La croix devient un pont. L&rsquo;exil, un retour. Et le silence au c\u0153ur du tableau n&rsquo;est pas une absence, mais une pr\u00e9sence qui attend d&rsquo;\u00eatre rencontr\u00e9e. Dans cette pr\u00e9sence r\u00e9sonne l&rsquo;\u00e9cho du Verbe \u00e9ternel, nous appelant au-del\u00e0 des apparences, vers l\u2019essence.<\/p>\n<p>Je termine ces r\u00e9flexions avec gratitude \u2013 pour le tableau, le chemin parcouru et la possibilit\u00e9 de nous rapprocher un peu plus de la lumi\u00e8re qui perdure \u00e0 travers l&rsquo;art. Puisse chaque lecteur y trouver beaut\u00e9 et une \u00e9tincelle de souvenir \u2013 un murmure du divin qui nous appelle \u00e0 la source.<\/p>\n<h3><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/h3>\n<p>Chagall, M. (1965). Ma vie (E. Abbott, trad.). Peter Owen Publishers.<\/p>\n<p>De Petri, C. (s.d.). La Parole vivante. Rozekruis Pers.<\/p>\n<p>Scholem, G. (1995). Les grandes tendances du mysticisme juif. Schocken Books.<\/p>\n<p>Idel, M. (1988). La Kabbale\u00a0: Nouvelles perspectives. Yale University Press. Kandinsky, W. (1977). Du spirituel dans l&rsquo;art. Dover Publications.<\/p>\n<p>Levi, E. (trad.). (1992). Le Nuct\u00e9m\u00e9ron d&rsquo;Apollonios de Tyane. Kessinger Publishing.<\/p>\n<p>Tuchman, M. (1985). Chagall\u00a0: Une r\u00e9trospective. Harry N. Abrams.<\/p>\n<p>Van Rijckenborgh, J. (s.d.). La Gnose originelle \u00e9gyptienne. Rozekruis Pers.<\/p>\n<p>Van Rijckenborgh, J. et De Petri, C. (s.d.). Les myst\u00e8res gnostiques de la Pistis Sophia. Rozekruis Pers.<\/p>\n","protected":false},"author":923,"featured_media":117224,"template":"","meta":{"_acf_changed":false},"tags":[],"category_":[110064],"tags_english_":[],"class_list":["post-117386","logon_article","type-logon_article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category_-art-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/logon_article\/117386","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/logon_article"}],"about":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/logon_article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/923"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/117224"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=117386"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=117386"},{"taxonomy":"category_","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category_?post=117386"},{"taxonomy":"tags_english_","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags_english_?post=117386"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}