{"id":116355,"date":"2025-03-02T21:45:51","date_gmt":"2025-03-02T21:45:51","guid":{"rendered":"https:\/\/logon.media\/?post_type=logon_article&#038;p=116355"},"modified":"2025-03-02T21:45:51","modified_gmt":"2025-03-02T21:45:51","slug":"la-mort-la-porte-a-ouvrir","status":"publish","type":"logon_article","link":"https:\/\/logon.media\/fr\/logon_article\/la-mort-la-porte-a-ouvrir\/","title":{"rendered":"La mort \u2013 la porte \u00e0 ouvrir"},"content":{"rendered":"<p><em>Comme nous sommes habitu\u00e9s \u00e0 repousser la mort et au fait de mourir, nos vies ne peuvent que flotter en surface ; notre attention, notre int\u00e9r\u00eat se portent uniquement sur les choses ext\u00e9rieures.<\/em><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Et ces choses ext\u00e9rieures sont soumises, comment pourrait-il en \u00eatre autrement, \u00e0 la loi mis\u00e9ricordieuse de la fugacit\u00e9.<\/p>\n<blockquote><p><em>Vous ne conna\u00eetrez que le jour pr\u00e9sent et l<\/em>\u2019<em>heure pr\u00e9sente. <\/em><em>En q<\/em><em>u<\/em><em>oi<\/em><em> les soucis de demain<\/em> <em>concernent<\/em><em>-ils<\/em><em> aujourd<\/em>\u2019<em>hui ? Car la mort ne vient pas demain, elle vient aujourd<\/em>\u2019<em>hui.<\/em><\/p>\n<p>Paracelse<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Une conversation de deux amis qui se rencontrent par hasard dans un magasin du centre-ville. Ils ne se sont pas vus depuis long temps :<\/strong><\/p>\n<p>-Salut mon pote, comment vas-tu ? Je ne t\u2019ai pas vu depuis des lustres ! (ils se donnent l\u2019accolade)<\/p>\n<p>-Merci de demander\u2026 mourir n\u2019est pas toujours facile\u2026<\/p>\n<p>-Quoi ?! Est-ce que j\u2019entends bien ? Es-tu gravement malade \u2013 tu penses \u00e0 mourir ou quelque chose comme \u00e7a ?<\/p>\n<p>-(Rires) Oui, je pense \u00e0 mourir, en fait depuis un bon bout de temps maintenant\u2026<\/p>\n<p>-Mais tu n\u2019as pas l\u2019air de mourir du tout, \u00e0 mes yeux ! Tes yeux rient et tu n\u2019as pas l\u2019air s\u00e9rieux du tout, plut\u00f4t joyeux ; n\u2019es-tu pas un peu pompette, n\u2019est-ce pas ? Tu ne bois pas, si je me souviens bien ?<\/p>\n<p>\u2013 Eh bien, il y a tant de choses \u00e0 boire, mon cher, et je ne pense pas n\u00e9cessairement aux boissons alcoolis\u00e9es\u2026<\/p>\n<p>\u2013 Dis-m\u2019en plus ; prenons un caf\u00e9 ici.<\/p>\n<p><strong>L\u2019un commence \u00e0 partager ses pens\u00e9es, l\u2019autre pose des questions de temps en temps.<\/strong><\/p>\n<p>\u2013 Je laisse s\u2019\u00e9teindre mes vieilles id\u00e9es, mes complexes, mes n\u00e9vroses, soucis pour que je puisse vivre. Car toutes nos difficult\u00e9s viennent du fait que nous restons en quelque sorte coinc\u00e9s dans ces vieilles choses\u2026<\/p>\n<p><strong>Auparavant, les deux amis avaient \u00e9voqu\u00e9 leurs soucis et leurs peurs\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Nous, les humains, sommes vraiment quelque chose de particulier. Nous nous soucions de ceci et de cela \u2013 et passons des journ\u00e9es enti\u00e8res en\u00a0\u00a0 banalit\u00e9s ; nos nombreuses pens\u00e9es s\u2019agitent, sont confuses et nous occupent jour et nuit. Ainsi, nous d\u00e9pla\u00e7ons ceci d\u2019ici \u00e0 l\u00e0, et cela de l\u00e0 \u00e0 ici et nous nous plaignons de nos difficult\u00e9s. Nous vaquons \u00e0 nos occupations, qui nous nourrissent d\u2019une certaine mani\u00e8re, mais nous procurent rarement une r\u00e9elle satisfaction. Nous ressemblons \u00e0 de nombreux moments de notre vie comme des \u00ab rats dans une roue \u00bb.<\/p>\n<p>Il faut souvent des catastrophes ou au moins de v\u00e9ritables crises, dans lesquelles nous sommes secou\u00e9s jusqu\u2019au plus profond de nous-m\u00eames par la d\u00e9ception et le chagrin, pour que nous commencions \u00e0 nous demander \u00e0 quoi cela sert, que faisons nous de notre vie ici sur cette terre.<\/p>\n<p>L\u2019angoisse, la douleur de nos \u00e2mes nous am\u00e8nent \u00e0 nous poser des questions, \u00e0 chercher ce dont nous avons le pressentiment. Il doit bien y avoir, oui, il doit y avoir quelque chose comme le paradis\u2026 \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de moi des gens d\u00e9p\u00e9rissent, tombent malades de frustration et d\u2019absurdit\u00e9, meurent tr\u00e8s souvent profond\u00e9ment insatisfaits ; beaucoup, surtout de nos jours, d\u00e9c\u00e8dent \u200b\u200bsoudainement et de mani\u00e8re inattendue. Pourquoi ?<\/p>\n<p>L\u2019humanit\u00e9 occidentale en particulier, poursuit des objectifs de vie compl\u00e8tement ext\u00e9rieurs, tels que le pouvoir, le prestige, la prosp\u00e9rit\u00e9\u2026<\/p>\n<p>Une \u00e9tincelle d\u2019\u00e9ternit\u00e9 frappe \u00e0 la porte de notre \u00e2me, de notre conscience \u2013 et que faisons-nous ? Nous nous figeons dans l\u2019angoisse et la peur de l\u2019avenir et de la mort, ce qui dissout tous nos efforts et nos objectifs dans un n\u00e9ant noir. Apr\u00e8s tout, ce n\u2019est pas \u00e9tonnant, car t\u00f4t ou tard, la belle apparence, le sourire satisfait de notre vanit\u00e9 se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre une illusion et une irr\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Comme nous sommes g\u00e9n\u00e9ralement habitu\u00e9s \u00e0 repousser la mort et au fait de mourir, notre vie ne peut que flotter \u00e0 la surface, notre attention, notre int\u00e9r\u00eat ne se porte que sur des choses ext\u00e9rieures. Et cet ext\u00e9rieur est soumis, comment pourrait-il en \u00eatre autrement, \u00e0 la loi mis\u00e9ricordieuse de la fugacit\u00e9. La mort fait partie int\u00e9grante de l\u2019ordre de l\u2019univers, du moins dans le monde que nous connaissons si bien, dans lequel tout va et vient. La mort est la garantie que tout ce qui n\u2019est pas adapt\u00e9 \u00e0 l\u2019infini se brisera t\u00f4t ou tard, se dissoudra.<\/p>\n<p>Le caract\u00e8re ind\u00e9niable des choses terrestres confronte sans cesse l\u2019\u00eatre conscient \u00e0 la question essentielle de l\u2019existence. Sans la mort, la vie n\u2019a ni sens ni profondeur. La mort est, pourrait-on dire de mani\u00e8re tr\u00e8s r\u00e9aliste, le sel de la vie. Par la fin, par la mort, la vie prend de la vitesse, devient dynamique, ardente, prend du poids et, surtout, des dimensions plus profondes. Nous ne pouvons plus \u00e9viter les questions br\u00fblantes du pourquoi et du comment. Et il ne tient qu\u2019\u00e0 nous de continuer \u00e0 faire partie de la masse terne \u2013 la masse qui vit dans la distraction, qui est inqui\u00e8te, sans enthousiasme, secou\u00e9e par des illusions et mal \u00e0 l\u2019aise \u2013 ou de commencer \u00e0 nous int\u00e9resser \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan des choses et aux interrelations de la vie, aux lois et aux forces qui maintiennent le monde en son c\u0153ur.<\/p>\n<p>On ne peut pas \u00e9viter une orientation philosophique. Pourquoi vivons-nous si nous devons mourir ? Ceux qui sentent l\u2019importance de cette question et s\u2019y tiennent et ne se laissent pas aveugler et paralyser par la zone de confort num\u00e9rique occidentale, en sortent d\u2019abord \u2013 au moins int\u00e9rieurement \u2013 \u200b\u200bet se mettent en qu\u00eate, car \u00ab la Mort \u00bb se dresse devant eux, puissante et r\u00e9elle. Oui, et \u00e0 un moment donn\u00e9, g\u00e9n\u00e9ralement assez rapidement, ils entendent (car nous sommes de moins en moins ignorants des faits) qu\u2019en fait, la mort n\u2019existe pas du tout, que la mort est une \u00ab illusion d\u2019optique \u00bb (Einstein).<\/p>\n<p>C\u2019est une joie immense qui nous p\u00e9n\u00e8tre quand nous reconnaissons l\u2019immortel, l\u2019infini, l\u2019Esprit en nous. Nous commen\u00e7ons alors \u00e0 orienter notre vie en cons\u00e9quence, dans la bienveillance naturelle et la bonne attitude envers nos semblables.<\/p>\n<p><strong>Les deux amis abordent alors le sujet de l\u2019immortalit\u00e9 et leur conversation prend une tournure int\u00e9ressante. Une joie inexplicable les envahit tous deux.<\/strong><\/p>\n<p>Nous n\u2019avons pas r\u00e9ellement besoin de devenir immortels, car nous le sommes d\u00e9j\u00e0, du moins en principe. Ces mots peuvent provoquer en vous une interrogation et m\u00eame une protestation\u2026<\/p>\n<p>Ce que nous appelons \u00ab mort \u00bb sont en fait des transformations de la vie. Nous pouvons constater que quelque chose en nous meurt \u00e0 chaque instant. Des millions de cellules de notre corps meurent et se renouvellent \u00e0 chaque seconde ; tous les processus de dissolution, aussi banals qu\u2019ils soient, servent la vie. Lorsque la Bible dit que \u00abl\u2019\u00e2me qui p\u00e8che doit mourir\u00bb, alors cette mort peut \u00eatre comprise comme une lib\u00e9ration, une v\u00e9ritable transformation de ce qui n\u2019est pas en r\u00e9sonance avec la lumi\u00e8re primordiale. Les valeurs \u00e9ternelles qui vivent en nous ne meurent pas. Les forces de la lumi\u00e8re primordiale agissent en nous de mani\u00e8re transformatrice. Nous sommes, pour ainsi dire, dans l\u2019Athanor, dans le four alchimique, et c\u2019est dans le c\u0153ur qu\u2019il br\u00fble le plus fort.<\/p>\n<p>La question cruciale est : comment puis-je soutenir ce processus ? Cela \u00e9voque la religion. Le mot peut \u00eatre d\u00e9riv\u00e9 du latin \u2018religare\u2019, qui signifie relier. Nous, les cr\u00e9atures mortelles et mat\u00e9rielles, devons donc nous connecter \u00e0 notre \u00eatre int\u00e9rieur, \u00e0 l\u2019immortel en nous, au Christ ou \u00e0 Krishna en nous. Et alors, nous pouvons r\u00e9ellement accueillir la mort \u00e0 tout moment ; c\u2019est seulement alors que la mort et le fait de mourir ne sont plus des spectres effrayants, mais des entr\u00e9es heureuses vers encore plus de lumi\u00e8re \u2013 des portes que l\u2019on peut franchir quotidiennement, de jour comme de nuit.<\/p>\n<p>Tout ce qui est ancien, mes id\u00e9es, mes jugements, mes opinions \u2013 j\u2019en prends conscience ; je les questionne, je les scrute et les remets encore et encore au feu du c\u0153ur, l\u2019Athanor, parfois avec douleur, parfois avec drame, parfois avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et aussi avec amour.<\/p>\n<p>En principe, la question de l\u2019immortalit\u00e9 est assez simple. Une fois d\u00e9voil\u00e9e en moi, la t\u00e2che de la vie doit se r\u00e9v\u00e9ler dans la pratique. Toutes les questions de la vie arrivent dans notre \u00ab bo\u00eete aux lettres \u00bb, d\u00e9livr\u00e9es par le messager appel\u00e9 destin ou karma. Lorsque le karma nous apporte \u00e0 nouveau quelque chose, quelque chose des terres myst\u00e9rieuses de l\u2019inconscient, et dont nous ignorons le message, alors d\u2019autres lettres arrivent, des rappels, pour ainsi dire, qui sont de plus en plus s\u00e9v\u00e8res de temps en temps, jusqu\u2019\u00e0 ce que nous apprenions \u00e0 cesser de r\u00e9sister et \u00e0 accepter ce qui nous arrive. Et plus j\u2019approfondis ces questions, plus je les explore avec int\u00e9r\u00eat, plus vite les probl\u00e8mes changent, s\u2019\u00e9teignent dans la lumi\u00e8re, pour ainsi dire.<\/p>\n<p>Un merveilleux exemple est la bougie. Une fois la m\u00e8che allum\u00e9e \u2013 par l\u2019\u00e9tincelle \u2013 la cire fond dans la flamme et ce qui en ressort est la lumi\u00e8re, la chaleur, le bien-\u00eatre \u2013 la vie.<\/p>\n<p>La seule vraie condition pr\u00e9alable \u00e0 cela est de vivre dans le \u00ab flamboyant aujourd\u2019hui \u00bb. Oui, la vie peut devenir une f\u00eate quotidienne. Si des pens\u00e9es angoiss\u00e9es envahissent mon \u00eatre comme des soucis pour demain et que je ne vis donc pas dans le pr\u00e9sent, je suis un mort vivant. La mort ne vient pas demain, elle vient aujourd&rsquo;hui. Elle est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0.<\/p>\n<p><strong>Les deux amis se regard\u00e8rent. Ils avaient le sentiment que la vie venait de les toucher d&rsquo;une mani\u00e8re douce et instructrice\u2026<\/strong><\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p>Ruediger Dahlke,<em> Von der gro\u00dfen Verwandlung \u2013 Wir sterben und werden weiterleben<\/em> (De la grande transformation. \u2013 Nous mourrons et nous vivrons), Crotona Verlag, 2011<\/p>\n","protected":false},"author":923,"featured_media":107688,"template":"","meta":{"_acf_changed":false},"tags":[],"category_":[110103],"tags_english_":[],"class_list":["post-116355","logon_article","type-logon_article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category_-spiritsoul-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/logon_article\/116355","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/logon_article"}],"about":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/logon_article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/923"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/107688"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=116355"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=116355"},{"taxonomy":"category_","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category_?post=116355"},{"taxonomy":"tags_english_","embeddable":true,"href":"https:\/\/logon.media\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags_english_?post=116355"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}